Nouvelles technologies : la paranoïa chinoise gagne du terrain

Par 07 juin 2004

Après la Corée du Nord, dont on apprenait la semaine dernière que le pouvoir en place avait interdit l'usage des téléphones portables

(voir article 04.06.2004 ), c'est   au tour de la Chine de céder à la phobie des nouveaux moyens de communication.
Le pays a fermé les portes de quelque 16.000 cafés Internet depuis le mois de mars dernier. Et en fin de semaine dernière, le gouvernement a annoncé la suspension des nouvelles attributions de licences. Officiellement, il s'agit comme l'a précisé l'Administration générale de l'Industrie et du Commerce de fermer les établissements qui opèrent sans aucune autorisation légale. Officieusement, il s'agit surtout de protéger la jeunesse chinoise des dérives morales que représentent les nouvelles technologies et les jeux vidéo.
Le gouvernement a donc décidé qu'il était désormais interdit d'ouvrir un café Internet à moins de 200 mètres d'une école élémentaire ou secondaire. Le pouvoir chinois craint peut-être que ses futurs électeurs et force vive du pays ne lisent par hasard sur Internet des textes relatant les événements du 4 juin 1989 sur le massacre de Tiananmen . Le risque n'est pourtant pas grand, puisque le pouvoir est allé jusqu'à interdire dans la presse et sur Internet la simple mention de « Liu Siu », qui signifie « 4 juin ».
Et au prix qu'il coûte d'aller contre cette interdiction (cinq ans de prison, par exemple…), il est permis de penser que les références sont peu nombreuses, en effet…
Pour ce qui est des jeux vidéo, le ministère de la culture a décidé que les produits venant de l'étranger seraient désormais examinés avec soin avant d'être distribués aux quatre coins du pays. Le critère de sélection - des effets positifs sur la mentalité des jeunes Chinois – semble bien vague et donc facile à adapter au gré de ses fantaisies !
 (Atelier groupe BNP Paribas - 07/06/2004)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas