"Le numérique à l'école facilite la prise de décision sur ses choix futurs"

Par 14 décembre 2012
Henri Verdier

A l'occasion de la conférence organisée par le Ministère de l'Education Nationale "Faire entrer l'école dans l’ère du numérique", L'Atelier a rencontré Henri Verdier, président de Cap Digital.

Henri Verdier, président de Cap Digital, est aussi cofondateur du MFG-Labs.

L'Atelier : Selon vous, que va changer le numérique dans la filière éducative ?

Henri Verdier :On a imaginé l’enseignement comme un projet de massification de l’éducation aux élèves. Je crois sincèrement que le numérique doit permettre aux enfants de pouvoir personnaliser leur parcours, de les rendre plus autonomes, ainsi qu’augmenter leur pouvoir de décision dans leur choix futurs, quant à leur orientation professionnelle par exemple. Chaque année, c’est 150 000 élèves qui sortent du système éducatif sans diplômes. Introduire le numérique dans ce système peut permettre de réduire ce nombre.Je crois aussi que c’est la concrétisation d’une réalité : l’école est quasiment le seul lieu, le seul moment dans la journée d’un enfant où ce dernier n’a pas de rapport avec le numérique.

Pendant la conférence, vous avez abordé l'insertion de technologies et de solutions comme l’open data, les nouvelles plateformes, ou le libre. Comment pourraient-elles être introduites à l'école ?

Difficile de trop en dire dès à présent. Ce que je crois, cependant, c'est que pour les enseignants, le partage des données en temps réel peut leur permettre d’enrichir leurs cours de façon très pertinente, ainsi que d’établir des stratégies pour la planification de leurs enseignements. Tout comme la communauté libre; selon moi elle joue déjà un rôle majeur et sera encore plus essentielle pour la transformation et la refondation de l’école.

Egalement, le partage des données en temps réel peut permettre d’avoir des feedbacks très rapidement ,et de créer des services et des applications.

Quels pourraient être aujourd’hui les freins au développement du numérique dans le secteur de l'éducation?

Je crois que l’on ne peut introduire le numérique dans l’Education Nationale sans changer les méthodes du système éducatif. Un exemple concret et un peu anachronique mais significatif : Si au XIXème siècle, nous avions introduit des ordinateurs dans certaines usines sans changer les rapports de production, aucune de ces usines n’auraient été modernisées. Revenons à notre époque ; aujourd’hui, ce n’est pas simple d’expliquer à 900 000 professeurs et enseignants, responsables de l’éducation de 8 millions d’élèves, qu’il faut changer leurs méthodes de travail, mais cela est nécessaire. Par ailleurs, l’inefficacité de certaines mesures nationales a donc poussé certaines collectivités locales et régionales à développer elles-mêmes le numérique au sein de leurs écoles, collèges et lycées, comme en Auvergne. Cela a créé des inégalités entre régions et territoires. Pourtant, nous sommes d’accords qu’ici le numérique ne doit pas accentuer ce type de fossés, mais bien au contraire les combler.

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas