Le numérique pousse les compagnies d'annuaires à la relecture de leur modèle

Par 05 septembre 2012
annuaire

Le web et le mobile deviennent de plus en plus les premiers supports de consultation d'annuaires. Mais ce virage ne signifie pas uniquement un passage du papier au virtuel. Il demande de repenser les services proposés.

Les sociétés européennes d'annuaires seront principalement numériques d'ici 2016, et le papier aura quasiment disparu de certains des marchés les plus avancés. C’est en effet ce que révèle une étude menée par BIA/Kelsey, présent lors du futur Congrès annuel de l'Association européenne des Éditeurs d'Annuaires et de Base de données (EASDP). L’enquête révèle même que l’augmentation de la part des recettes numériques des Pages Jaunes en Europe atteindra les 70% d'ici 2016. Les sources de recettes numériques sont diverses, et incluent entre autres les annuaires sur Internet, les sites Web et les services d'hébergement, la présence sur les médias sociaux et la publicité, la vidéo, les réseaux de diffusion d'annonces, la présence et la publicité sur téléphones portables. Un constat confirmé par Julien Billot, directeur général adjoint en charge du pôle média chez Pages Jaunes Groupe. Selon lui, dans quatre ans, deux tiers du chiffre d’affaires de Pages Jaunes sera digital.

Positionnement sur les réseaux sociaux

"On assiste à une digitalisation de l’ensemble  des marchés. Dans le cas de l’annuaire, on a observé l’écroulement du papier en même temps que la croissance du digital. Il semblait donc tout naturel que les annuaires se virtualisent", explique t-il à L'Atelier. Reste que cette progression vers le numérique ne signifie pas automatiquement un rebond et une bonne santé en terme de chiffre d'affaires. En effet, en matière de plates-formes d'informations sur les entreprises, les initiatives, web et mobile, sont de plus en plus nombreuses : réseaux sociaux locaux, géolocalisés, applications de promotions ou d'informations sur les stocks en fonction de sa position... Selon Julien Billot, pour le groupe, sa renommée reste une protection non négligeable. "Les utilisateurs ne peuvent pas retenir des centaines de marques pour le même service. Ils fonctionnent par habitude en cherchant directement sur les services dont ils ont coutume de se servir", souligne t-il.

Faire face à la concurrence

Assurance qui, précise t-il, n'empêche pas de développer sa stratégie vers les contenus afin de fournir un service avec des informations de qualité. Ainsi, le groupe semble lui aussi se diriger vers le local et l'hyperlocal. A l'image des pages Facebook ZoomOn, qui mettent en contact les utilisateurs et les annonceurs. ZoomOn offre en effet des contenus hyperlocaux et thématiques aux internautes en les informant par exemple sur les bons plans, informations pratiques et les actualités de proximité. Rien d’étonnant dans ce déploiement puisque une étude ZoomOn/Harris Interactive réalisée en juin 2012 révélait que 69% des utilisateurs de Facebook interrogés s’intéressaient en premier lieu à l’actualité locale. A noter également qu'en ce qui concerne le groupe français, parler d'une suppression du papier ne semble pas réaliste. Malgré une baisse de 10% de leur chiffre d’affaire papier, ce mode touche des catégories de personnes différentes. En France dans les zones rurales, le support papier est encore fortement plébiscité.

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas