Les objets connectés, réellement au service du bien-être en entreprise ?

Par 30 septembre 2015 1 commentaire
bien être

Alors qu'on annonce près de 80 milliards d'objets connectés d'ici à 2020, comment ceux-ci vont-ils changer le quotidien des salariés en entreprise ?

Un fauteuil intelligent capable d'adapter sa position à la posture de l'utilisateur et à ses caractéristiques (poids, taille...) pour lutter contre les maux de dos. Un ordinateur qui pourra quant à lui adapter sa luminosité à l'éclairage ambiant de l'espace de travail pour ne pas fatiguer les yeux du salarié. On peut aussi envisager une carte de cantine permettant au salarié de suivre son régime alimentaire et de l’alerter pour son bien-être alimentaire. Et dans le cas particulier des bracelets connectés, ceux-ci permettent déjà à plusieurs entreprises de suivre le nombre de pas de chacun des employés pour s'assurer qu'ils aient un niveau d'activité physique suffisant.

On connaissait déjà les Google Glass permettant de faciliter la communication entre employés, mais voilà que naissent des objets connectés visant à réduire le stress au travail et à maintenir les salariés en forme. Encore faut-il que la confiance et l’adhésion du salarié soit réellement au rendez-vous...

Un espace de travail connecté qui anticipe les besoins

Toutes ces pratiques visent en effet à réduire au maximum le stress et la fatigue de l'utilisateur pour lui permettre d'être détendu et donc plus efficace. Cette tendance est d'ailleurs en plein boom puisque 29% des entreprises anglaises et 63% des entreprises américaines utilisent déjà des objets connectés selon une étude de London Goldsmiths de 2014. Le rapport HCAW de la même année a quant à lui trouvé que l'usage des objets connectés augmentait la satisfaction au travail de 3,5%. L'entreprise américaine Appirio a d’ailleurs décidé d'essayer de réduire les coûts de sa mutuelle santé en 2013 en équipant les employés volontaires de bracelets qui traquent tous leurs déplacements et donc leur activité physique. Un an après, ils affichaient 5% d'économies soit près de 300 000  dollars. Cette initiative n'est pas un cas isolé, le patron de Fitbit affirme actuellement fournir 30 entreprises du Fortune 500 en bracelets connectés.

L'entreprise connectée, un système de pistage omniprésent

Dans le cas d’Appirio et Fitbit, un point noir pourrait se dessiner au tableau. Qu’en est-il des salariés qui ne souhaitent pas porter ces bracelets pour telle ou telle raison ? On peut se poser en effet la question d’une marginalisation de ceux-ci en cas de refus, voire même d’un désavantage en cas de promotion. Dans le cas de l'entreprise Cubist Pharmaceuticals, celle-ci est allée jusqu'à placer des capteurs sur les badges de ses salariés afin d'obtenir leurs informations relationnelles : à qui parlent-ils, combien de temps, avec quel ton de voix, etc... La raison officielle affichée par l'entreprise pour justifier cette pratique est de mieux comprendre le fonctionnement des équipes. Tous ces systèmes posent donc aussi la question du traitement des données, les équipes informatiques des entreprises vont devoir être formées pour savoir comment les utiliser et les protéger afin d'éviter des dérives.

Les directions métiers vont devoir aussi assurer une communication en toute transparence pour que les employés sachent ce qu'ils risquent s'ils refusent de jouer le jeu et dans quel cadre exactement leurs données seront enregistrées. Cela semble être le meilleur moyen de limiter le stress engendré par la prolifération des informations personnelles et de vraiment favoriser le bien-être des employés.

 

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1 Commentaire

Objets connectés, digitalisation des processus, "uberisation de..."...

La transformation numérique de la société engendre des réflexes, des réactions humaines et sociétales que sans doute peu de personnes avaient anticipées. En tout cas, certainement pas à l'échelle des effets "observés", ou plutôt "vécus" !

La transformation numérique est inéluctable, de même que son ampleur : on ne reviendra jamais en arrière et, surtout, elle s'installe et s'installera de fait et à une vitesse que le monde n'a jamais connue.

Dès lors, comment s'adapter, sachant que nos capacités humaines d'adaptation ne sont pas de tout sur les mêmes capacités que les technologies ? Et moins encore nos capacités sociales...
Enfin, du moins dans des environnement qui évolue à un régime de croisière... Parce que sinon, effectivement, les grandes crises de l'Histoire elles, nous ont révélé un potentiel de capacités bien plus... énergique.

Aujourd'hui, tout semble indiquer que nos capacités du "régime permanent" pourraient ne pas être adaptées à l'ampleur des effets de cette inéluctable transformation numérique.
Or, il va (nous) falloir le faire. Individuellement et collectivement. D'une manière ou d'une autre.

Alors, quelle(s) perspective(s) ? Et surtout, quelle transformation humaine et sociale faut-il envisager ?
Ferons-nous le pari de son "émergence" sans intervention/accompagnement ? Saurons-nous et d'abord, devons-nous concevoir et pratiquer autre chose ? Et si oui, quoi ? Que devons-nous devenir ?

Mais pour l'heure, à voir les effets de la transformation numérique, tels que ceux mentionnés dans l'article, il me semble que l'on ne se soit pas beaucoup posé la question...

Soumis par SAYOUS (non vérifié) - le 03 octobre 2015 à 16h08

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