Olivetti lance une OPA sur Telecom Italia.

Par 22 février 1999
Mots-clés : Digital Working, Europe

Samedi, le groupe italien de télécommunications Olivetti a lancé une OPA de 340 milliards de F (52 milliards d'euros) sur Telecom Italia. Immédiatement, cette OPA, la plus grande jamais lancée en ...

Samedi, le groupe italien de télécommunications Olivetti a lancé une OPA
de 340 milliards de F (52 milliards d'euros) sur Telecom Italia.
Immédiatement, cette OPA, la plus grande jamais lancée en Italie, s'est
heurtée à l'hostilité de Franco Bernabè, le nouveau directeur général de
Telecom Italia. Réalisant un chiffre d'affaires cinq fois plus élevé
qu'Olivetti, Telecom Italia estime que pour l'instant les informations à
sa disposition étaient "encore largement lacunaires".
Réunis dimanche pour étudier une possible contre-attaque, de nombreux
dirigeants de Telecom Italia se sont également interrogés sur l'apparente
absence de stratégie industrielle derrière cette opération et sur le sort
de la filiale Telecom Italia Mobile, numéro un européen de la téléphonie
mobile.
Selon un analyste financier de Milan "l'OPA ressemble aux grands LBO
(acquisitions financées par des emprunts et des cessions d'actifs)
américains des années 80", à la seule différence que le tiers de l'offre
doit être financé par des actions et non par des obligations comme dans un
LBO.
L'OPA est soumise à l'obtention de 67 % au minimum du capital de Telecom
Italia, soit 3,52 milliards d'actions. Devant encore recevoir l'aval de la
Consob (Commission des opérations de bourse), le financement de
l'opération ressemble à un complexe château de cartes. En effet, le
préalable est la cession au groupe allemand Mannesmann des 51 % encore
détenus par Olivetti dans OliMan, le holding contrôlant 48 % d'Omnitel, le
second opérateur de téléphone mobile italien, et 100 % d'Infostrada, le
nouveau venu dans la téléphonie fixe.
En outre, Olivetti devrait opérer une recapitalisation d'environ 2,6
milliards d'euros et obtenir près de 20 milliards d'euros de financements
bancaires. En revanche, pour conserver une majorité de contrôle, Olivertti
ne céderait qu'une petite fraction du capital de TIM.
Cette offensive, la première sur un opérateur "historique" européen, est
toutefois loin d'être bouclée et pourrait donner lieu à une surenchère.
(Le Figaro - 20/21/02 - Les Echos - Le Figaro - La Tribune - Libération -
22/02/1999)

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