"L'open source facilitera la réinvention de certains modèles en entreprise"

Par 15 octobre 2012 Laisser un commentaire
Philippe Montargès - Alter Way

Certaines entreprises commencent à intégrer l'Open source dont elles pensent que la solution favorisera la mise au point de nouveaux modèles. Entretien avec l'organisateur de l'Open World Forum.

Interview de Philippe Montargès, Co-Fondateur et Président de Alter Way et co-organisateur de l’Open World Forum, rencontré à cette occasion.

L’Atelier : Comment évoluera le secteur de l'open source dans les trois prochaines années et quels bénéfices en tireront les entreprises?

Philippe Montargès : Le taux de croissance du secteur devrait progresser de 15 à 20% globalement chaque année jusqu’en 2015. Pour moi, l’intérêt, c’est qu’il y a une réappropriation du système informatique par les utilisateurs. Cela permet de plus facilement personnaliser leur solution et d’être réactif s’il faut développer en urgence tel ou tel module applicatif. C’est un avantage qui confère de l’indépendance et de l’évolutivité aux entreprises. Mais le plus important, c’est que la solution open source apporte de plus en plus le standard. Et l’un des signes forts de la montée de l’opensource, c’est que même les acteurs traditionnels s’y mettent.

Par exemple, Microsoft est en train de prendre un virage opensource, pas par conviction, mais par nécessité. L’entreprise a compris que le logiciel était une matière première et qu’elle est obligée de s’ouvrir et de construire d’autres modèles dessus. Cela va permettre à la fois à ce secteur-là de réinventer dans de nombreux domaines, que ce soit dans le web, les réseaux, dans beaucoup d’applications qui voient le jour actuellement, comme dans le médical, la citoyenneté, dans l’opendata. Le logiciel open source va devenir un basique du système d’information interne.

Qui doit conduire l’intégration de l’opensource au sein de l’organisation ?

C'est un gros enjeu pour les DSI qui vont être les moteurs principaux de cette intégration, parfois contre leurs grés. D’un côté, il y a les DSI qui vont faire le choix de l’open source car c’est moins cher, plus facile à réutiliser, standard, évolutif et plus interopérable. De l’autre, il y a les DSI qui subissent car des projets ont été lancé précédemment par une direction marketing ou une direction des ressources humaines, avec des composants opensource qu’ils vont récupérer. Il faut ainsi qu’ils arrivent à une bonne gouvernance de façon à apporter de la cohérence dans l’organisation.

Open ne signifie t-il pas danger pour le top-management ?

Le top-management est assez ouvert à la démarche open source. D’un point de vue financier, il se dit que c’est intéressant car il n’y a pas de coût de licence. En effet, en faisant le bilan sur plusieurs années, une solution open source est peut-être moins coûteuse mais elle nécessite quand même de restructurer le budget de la DSI. Il y a vingt ans, la DSI investissait en plateforme et en matériel en réalisant un développement qui était amorti sur plusieurs années. On bascule d’une logique d’investissement lourd à une logique d’investissement à la demande. C’est là où est le véritable enjeu pour les DSI pour la structure informatique.

Toutefois, l’opensource ne sera pas une solution qui remplacera tout. Je pense qu’il y aura des solutions métiers toujours très propriétaires car il n’y aura pas de solution opensource adaptée. Mais la tendance de fond, c’est que l’opensource remonte des couches basses des systèmes informatiques, des systèmes de réseaux, des bases de données, du poste de travail vers des solutions métiers, comme les CMS, les CRM, avec des outils de business intelligence. Tout cela infuse au fur et à mesure les couches supérieures de l’organisation.

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