Les opérateurs mobiles accusés de nuire à la concurrence

Par 11 juillet 2007
Mots-clés : Digital Working, Europe

Dans un rapport, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir estime que les opérateurs mobiles, loin de dynamiser la concurrence, verrouillent le marché et l'empêchent d'évoluer...

Dans un rapport, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir estime que les opérateurs mobiles, loin de dynamiser la concurrence, verrouillent le marché et l'empêchent d'évoluer.
 
L'UFC-Que Choisir publie un rapport d'analyse qui risque de fortement tempérer l'optimisme des opérateurs mobiles. L'association, qui réagit au bilan publié fin mars par les opérateurs au sein de l'AFOM, estime que les professionnels du mobile restreignent le développement du secteur. "Manifestement, le secteur souffre encore d'une absence de concurrence qui limite son développement et pénalise fortement les consommateurs", souligne l'association, qui en appelle à l'Arcep pour réguler la situation.
 
Un écart important entre le trafic mobile et le prix des communications
 
Selon l'association, le taux de pénétration du téléphone mobile en France, estimé à 82,6%, est inférieur au taux moyen européen (104%). Principale raison invoquée: le prix, élevé, des communications et des SMS. Depuis 2000, la baisse du prix par minute s'est située entre 21 à 28% en France, contre 57% au Royaume-Uni entre 2001 et 2005. En parallèle, le trafic mobile a connu une importante croissance, puisqu'il a augmenté de 106% entre 2000 et 2006. Voilà de quoi assurer des revenus confortables aux opérateurs...
 
Des offres peu adaptées
 
L'UFC dénonce également une faiblesse de l'offre, notamment prépayée, dans l'Hexagone. Cette insuffisance rend "une proportion non négligeable des consommateurs dans l'incapacité de trouver l'offre, en termes de services et de prix, qui lui convient". Pour l'association, il est impossible de ne pas détecter la faiblesse de l'intensité concurrentielle sur ce marché. Cette faiblesse se retrouve également sur le secteur des SMS: avec 29 SMS par client et par mois, la France est encore en queue de peloton. A titre d'exemple, les Britanniques envoient environ 55 SMS par mois. Cet écart, important, se traduit par la prise d'initiatives commerciales de la part des opérateurs britanniques, pour proposer des messages textes peu onéreux. En France, les offres tarifaires sont restées moins adaptées aux populations qu'elles souhaitaient atteindre.
 
Un marché verrouillé hostile aux opérateurs émergents
 
Face à cette stagnation de la situation, maintenue, selon l'UFC, par les opérateurs, la concurrence a du mal à se faire sa place. Les douze MVNO (Mobile Virtual Network Operator) apparus récemment sur le marché ne représentent que 3,5% du marché. Le plus important d'entre eux n'en concentre que 1%. Difficile pour ces opérateurs virtuels de peser dans la balance, et d'agir pour une baisse du prix des appels. Enfin, l'UFC insiste sur les licences UMTS, accordées pour le moment aux seuls trois principaux opérateurs, ce qui est loin de dynamiser la concurrence.
"Le marché français est le seul grand marché européen à ne pas avoir au moins quatre licences UMTS pour animer la concurrence", annonce-t-elle. C'est pourquoi elle souhaite que les conditions d'attribution de la quatrième licence à un opérateur ne bénéficiant d'un réseau et d'un parc d'abonnés existant soit réestimées pour faire émerger un véritable quatrième acteur.

(Atelier groupe BNP Paribas – 11/07/2007)

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