Les opérateurs mobiles donnent un second souffle au film court

Par 20 mai 2005
Mots-clés : Digital Working, Europe

Le film court est délaissé depuis maintenant plusieurs années. Alors que jadis il était projeté comme un amuse-gueule dans les salles de cinéma, il a cédé sa place aujourd'hui à des annonces...

Le film court est délaissé depuis maintenant plusieurs années. Alors que jadis il était projeté comme un amuse-gueule dans les salles de cinéma, il a cédé sa place aujourd'hui à des annonces publicitaires plus lucratives pour les distributeurs. Et pourtant, le film court revient... Sa renaissance devrait en partie être l'affaire des opérateurs de téléphonie mobile, qui lorgnent de plus en plus de son côté pour offrir à leurs clients quelques minutes de divertissement.

SFR , d'une part, a annoncé avoir noué un partenariat avec le festival des "très courts", des films de moins de trois minutes qui ont été célébrés du 22 au 24 avril dernier dans une quinzaine de villes en France et à l'étranger (Québec, Suisse, Belgique...). 49 films en compétition, dont 30 fictions, 16 films d'animation et 3 documentaires.

Quasiment au même moment, Orange s'est mis lui aussi à regarder de près le film court. Le 13 mai, à l'occasion du Festival de Cannes, l'opérateur a remis des prix aux lauréats de son concours baptisé "Orange Film Court". Du côté de SFR comme de celui d'Orange, on met en avant l'importance du soutien au format court métrage et à ses réalisateurs français. Curieux... alors que plus personne ne s'intéressait au genre depuis un moment.

Les opérateurs mobiles simples mécènes ? Pas vraiment... Alors qu'ils viennent de lancer la téléphonie mobile de troisième génération, SFR et Orange cherchent maintenant tout naturellement des contenus à proposer aux abonnés. Et le film court, de moins de 5 minutes et respectant certaines contraintes de son et de format de l'image est particulièrement intéressant pour le téléphone mobile. C'est pour cette raison que les opérateurs font savoir à leurs clients qu'ils peuvent retrouver les films sélectionnés sur leur mobile 3G depuis le portail Orange World Vidéo (250 000 visiteurs par mois) ou sur Vodafone live.

Maintenant que le mystère du mécénat est élucidé, revenons sur les faits : il s'avère que 40 % des contenus en ligne seront accessibles via téléphone mobile à l'horizon 2008. Jean-Noël Tronc, directeur de la stratégie de la marque Orange en France, était récemment l'invité de l'émission "L'Atelier numérique" sur la radio BFM. Il a ainsi expliqué que selon Orange le téléphone mobile était en passe de devenir "le 4 ème écran des Français après le cinéma, le téléviseur et le PC".

Et les opérateurs ont raison de croire au développement des contenus sur téléphones mobiles, quand on sait que la France est le premier marché du multimédia en Europe et le troisième au monde. Jean-Noël Tronc a ainsi affirmé qu'aujourd'hui " 20 % des Français faisaient du multimédia sur mobile". Sur le nombre, de plus en plus d'utilisateurs auraient adopté la vidéo.

Les films au format court pourraient même décoller plus vite que la visiophoni e, selon Jean-Noël Tronc. Les deux applications ont un bel avenir devant elles, mais elles devraient évoluer à des rythmes différents. Tandis que la visiophonie a besoin d'un "effet de parc", c'est-à-dire d'un certain taux d'équipement pour fonctionner, la vidéo sur mobiles est accessible à toute personne ayant un mobile équipé. Et déjà, les usages ont le vent en poupe : "Aujourd'hui, nos clients 3G ont une consultation moyenne de 23 minutes mensuelles de télévision en direct".

(Atelier groupe BNP Paribas - 20/05/2005)

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