[OuiShareFest] "Actuellement, seules cinq à dix villes peuvent prétendre au concept de ville de partage"

Par 07 mai 2013
Lauren Anderson

Proposer les outils adéquats facilite la mise en place de projets collaboratifs au sein de la ville et incite les individus à plus s'exprimer pour vivre dans des environnements qui leur correspondent. Reste que toutes les villes ne devraient pas se diriger vers ce modèle.

Interview de Lauren Anderson, chief knowledge officer chez Collaborative Lab, rencontrée lors d'une conférence sur la "shareable city" à l'occasion du OuiShare Fest.

L'Atelier : Comment définiriez-vous le concept de "Shareable City" ?

Lauren Anderson : La Shareable City repose sur l'exploitation des services publics offerts par les villes afin d'aider les gens à communiquer avec les uns et les autres. L'idée est d'inciter à la créativité et au developpement de projets de maniêre participative. Une ville de partage en somme, comme son nom l'indique.

Quel leviers sont à mettre en place pour faire émerger une telle notion de partage ?

Il faut donner les moyens et les opportunités pour que les entrepreneurs, les gouvernements et les entreprises communiquent et mettent en avant les différents canaux de communication dont ils disposent. C'est à ces acteurs, de faire prendre conscience aux individus du potentiel des technologies. De plus, j'insiste particulièrement sur le fait que la shareable city n'est possible que si le gouvernement supporte financièrement le développement de nouvelles entreprises.

Pensez-vous que toutes les villes vont aller vers ce modèle collaboratif et participatif ?

Je pense que cinq voire dix grandes villes actuellement s'y dirigent ou sont déjà en train d'implémenter ce type de modèles. Il s'agit aux Etats-Unis de San Francisco et de New York. En Europe, il y a Londres, Paris, et Berlin. Mais la Corée du Sud à ce potentiel également, au meme titre que Sydney ou Sao Paulo. Mais non, je ne pense pas que toutes les villes tendront vers ce modèle.

Concrètement, quels bénéfices pourront en retirer ces villes ?

Cela apportera un meilleur accès aux ressources, à l'espace dont dispose ces villes, aux outils et surtout aux compétences. Cela permettrait également de réduire le gaspillage, et la surconsommation car les gens pourront prendre conscience ensemble de ce qu'ils possèdent, et disposeront d'outils adaptés pour exploiter leurs ressources.

Une autre intervenante, Molly Turner, a parlé du défi qu'apporteront les banlieues. Pouvez-vous m'en dire plus à ce sujet ?

Vivre dans les villes coûtent cher donc de plus en plus de personnes partent vers les banlieues et s'éloignent de fait des centres de communication et de la Shareable City. Même s'ils disposent des mêmes outils de communication (smarthpones, internet etc...), ils ne sont pas les premiers à être au courant des évolutions. Il faut donc veiller à ce que ceux qui habitent en banlieue ne soient pas délaissés.

En vous écoutant j'ai l'impression que le concept de Shareable City s'adresse seulement aux villes les plus aisées ?

Oui ce n'est pas faux, car comme je vous l'ai expliqué, pour parvenir à créer ce concept de ville, il faut investir et pour cela il faut de l'argent. Mais même sans argent améliorer la communication entre les différents acteurs est possible. C'est en terme de création d'infrastructures que ça pose problème.

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