Les outils de surveillance se passent de la vidéo

Par 04 septembre 2015
Le détecteur Point de Minut

Sous ses airs de détecteur de fumée banal, le petit robot Point de la start-up Minut entend changer la manière dont les particuliers envisagent la sécurité de leur foyer. Le tout sans caméra.

Devant les craintes de certains en matière de sécurité, la start-up Minut a eu l’idée de se passer des caméras pour assurer la sécurité des foyers. Une récente enquête de Rapid7 sur les moniteurs pour bébé montrait par exemple de grandes failles de sécurité et des caméras régulièrement piratées par des hackers voulant accéder aux images. D’où l’idée de Point. Créé par un ancien d’Apple et son équipe de la start-up Minut, cet objet connecté ressemble à un détecteur de fumée tel qu’on en trouve dans les supermarchés. Mais contrairement à un détecteur de fumée, l’objet est bardé de capteurs supposés enregistrer tous les événements de la maison. « Notre fondateur, Nils Mattisson, a vu le besoin de créer une solution plus douce pour les appartements, notamment pour les personnes qui louent leur bien sur Airbnb. » nous explique le directeur commercial de Point, Anders Frankel.

 

Entre capteurs et algorithmes pour une « soft security »

Température, humidité, son, fumée, qualité de l’air… Point enregistre un grand nombre de données. Les algorithmes font le reste et déterminent les différents événements de la maison. L'idée des fondateurs est de se passer des technologies intrusives comme les caméras pour aller vers ce qu'ils ont appelé une « soft security ». Ainsi, lorsqu’une personne entre dans la pièce, Point le note et il peut même déterminer de qui il s’agit si la personne en question possède l’application.

                       L’application liée à Point informe de toutes les activités de la maison.

Une application sur laquelle l’utilisateur peut retrouver l’ensemble des données avec des alertes  lorsque le système détecte une vitre brisée (avec les sons et le changement de température), une intrusion, une porte pas fermée à clé, un début d’incendie, etc. Autant d’alertes qui ne se retrouvent d’ailleurs pas que sur smartphone puisque l’objet est doté d’un haut-parleur et de LED.  

Des données ultra-privées à protéger

Malgré tout, Minut doit faire face à un défi de taille : la protection de données très sensibles. Pour éviter tout problème, les fondateurs assurent que les données brutes des enregistrements sonores ne quittent pas le smartphone pour aller dans le cloud. Seules les données de qualité de l’air de température et d’humidité sont envoyées dans le cloud. Reste pour autant à convaincre les consommateurs de la fiabilité du dispositif. Un défi auquel vont devoir s’atteler d’autres start-up dans le domaine comme Angee et son dispositif de surveillance sur le point de lancer sa campagne de crowdfunding ou encore Novi et son système de surveillance centralisé. En attendant, les consommateurs semblent plutôt enthousiastes face à l’outil de Minut puisque la campagne Kickstarter de la start-up a atteint ses objectifs en quelques heures. Les premiers envois sont désormais prévus pour octobre 2015.

 

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