Outre-Rhin, la justice s'attaque aux usages abusifs de Facebook par les RH

Par 25 août 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

L'Allemagne s'apprête à interdire aux entreprises de consulter le profil Facebook d'un candidat à l'emploi. Mais malgré ses bonnes intentions la mise en application d'un tel texte s'annonce délicate.

En Allemagne, 45% des employeurs recherchent le profil Facebookde leurs futurs collaborateurs pour tenter d’y déceler toute anomalie indique une étude de CareerBuilder, site web spécialisé en offre d'emplois. Pour mettre un terme ou à tout le moins pour essayer d'endiguer ces pratiques, le gouvernement allemand envisage d’adopter une loi interdisant aux entreprises de consulter le profil des candidats à un emploi. Selon ce texte sur les données privées, qui pourrait être adopté dès aujourd'hui, les employeurs ne pourront consulter que les réseaux sociaux spécifiquement dédiés à la recherche d’emploi, tel le réseau LinkedIn, ou en France, Viadeo. En revanche, le projet n’interdirait pas à une entreprise de "googliser" le nom d’un futur employé.
35% des employeurs rejettent des candidatures en raison des informations trouvées
Toutefois, l'entreprise ne pourra s’appuyer sur une information trouvée sur le net comme argument pour refuser une embauche. "Si cette loi est votée, elle risque d'être un texte législatif de pure façade" confie à L'Atelier, Olivier Itéanu, avocat spécialisé en NTIC et dirigeant de la société d'Avocats ITEANU. "Il serait intéressant que les législateurs allemands fassent une étude de faisabilité de son application car il est difficile d'imaginer qu'un texte puisse empêcher de telles pratiques". Comme l'indique le rapport, ce sont près de 35% des employeurs qui rejettent des candidatures en raison des informations qu'ils ont trouvés : photos, commentaires inappropriés concernant leur travail ou l'usage de drogues.
Faire des citoyens des stratèges de leurs identités numériques
"Le véritable enjeu avec l'Internet est de faire de chacun d'entre nous un stratège de son identité numérique" explique Olivier Itéanu. "Car si l'on peut concevoir qu'à terme les correspondants informatique et libertés (CIL) de grandes compagnies puissent être chargés de veiller à l'application de telles mesures, il s'agit toujours d'une ressource que les PME ne pourront s'offrir". Pour ce juriste, en France la législation a plus tendance à se concentrer sur le respect de la notion de droit à l'oubli. "Entretenir l'illusion que la vie privée sur Internet est possible est une mesure dangereuse, mieux vaut faire un travail d'éducation avec les citoyens", conclut-il.

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