Oxmo Puccino : "Fais gaffe à ce que tu twittes, un jour tu devras y faire face"

Par 03 juin 2013
Mots-clés : musique
Oxmo Puccino : "Fais gaffe à ce que tu twittes, un jour tu devras y faire face"

L'Atelier Numérique, l'émission radio de L'Atelier diffusée sur BFM, est allé à la rencontre d'Oxmo Puccino. A 39 ans, celui que l'on surnomme "le papa du rap" aime jouer avec les mots et ne le cache pas. Les réseaux sociaux c'est son dada même s'il reste sur ses gardes face à la nouveauté. 

17h, dans un petit café près de la Maison de la Radio. Il pleut des cordes mais le colosse qui est attablé ne perd pas le sourire pour autant. En nous attendant, il cherchait à séparer le lait de la poudre de son chocolat chaud : pour lui, même une boisson est source d'expérimentation. Il joue avec, comme avec les mots et les technos. 

A écouter aussi, Les Ouvertures de L'Atelier, diffusé le 25 mai dans L'Atelier numérique :

Twitter, une relation monolatérale 

Avec plus de 160 000 followers, Oxmo Puccino est ce qu'on peut appeler un influenceur. "Mon usage de Twitter ressemble à une ligne de confidences, un fil de pensées dont je fais part à ceux que ça intéresse", explique-t-il. Et pour lui, pas question de laisser le réseau social se transformer en lieu de débat ou de discussion. "Ce n'est pas une application faite pour cela. Lorsque les gens veulent engager des conversations sur Twitter, je leur dis que pour ça, il y a Skype ou les mails. Twitter se vit comme une relation monolatérale."

Pour Oxmo Puccino, Twitter aurait une fonction de carnet de notes et serait un thermomètre du genre humain. "Les gens l'utilisent sans réfléchir, c'est un objet d'étude vraiment fascinant et très révélateur."Quand on évoque la Twittérature", le rappeur reste perplexe. Pour lui, diviser un texte en 140 caractères ne va pas changer sa forme. "Si on commence à écrire sur Facebook, ce sera de la "Facebook-et-ratures?", se questionne cet amoureux des mots. "Je ne laisserai jamais une application monopoliser une idée qui existe déjà." Le court format est pour lui un excellent exercice, qu'il maîtrise déjà. Il nous confie que depuis quelques albums, il tente d'en dire plus en un minimum de mots. "Certains diront que l'intelligence c'est de dire le plus de choses possibles en un minimum de mots. En cela, Twitter est assez amusant mais il n'a pas rendu les gens plus intelligents pour autant."

Rester maître de son oeuvre 

Quant à créer avec un internaute, le chanteur y a déjà pensé mais il n'est pas prêt à passer la barrière de la création virtuelle. Il aime le "old school" et parle avec nostalgie des premiers enregistrements qu'il a fait, il y a vingt ans, avec des bandes que l'on coupait à la main. "Le son est unique", se souvient-il. Mais il n'est pas pour autant bloqué dans l'espace temps, le collaboratif, il connaît. Il a d'ailleurs récemment participé à l'opération #OxmoParisPaname qui incitait les internautes à rendre hommage à Paris."Certes, il faut faire participer les internautes, mais il faut rester maître de son oeuvre. Toujours."

Rester maître de sa création, mais aussi de ce que l'on poste sur la Toile. Rien ne s'efface et tout se transforme rappelle le rappeur. "Fais gaffe à ce que tu twittes, un jour tu devras y faire face. Il n'y a qu'à voir les hommes politiques ou les artistes qui postent des tweets et qui se retrouvent ensuite dépassés." Pour Oxmo Puccino, la meilleure façon de régler un différend est de le faire en privé. "Je me refuse même à régler mes problèmes par texto ou par téléphone."

 

 

Auteur, compositeur et interprète, Oxmo Puccino sera le 1er juin prochain au Zénith de Paris. 

Propos recueillis par Lila Meghraoua et Marion Auvray.

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