Le P2P, porte d'accès aux informations médicales de l'internaute ?

Par 02 mars 2010

Il est possible de récupérer des données personnelles sur les plates-formes en pair à pair. Les individus ne sont pas toujours conscients qu'ils partagent leurs informations avec tout le monde, ou les ont glissées par erreur.

Les applications de partage de fichiers en mode pair à pair constituent un risque pour les données personnelles présentes sur les ordinateurs concernés. Des chercheurs de l'université d'Ottawa rappellent que les informations médicales sont concernées au même titre que d'autres données sensibles (financières par exemple). Après expérience, les scientifiques estiment à environ 0,5 % le nombre d'utilisateurs donnant accès à des informations d'ordre médicales aux Etats-Unis et au Canada, sans toujours en avoir conscience. Un chiffre qui monte à près de respectivement 2 et 5 % pour les informations financières disponibles depuis des adresses IP canadiennes et américaines. Qu'elles aient été glissées dans le dossier de partage par erreur ou non, ces données deviennent alors accessibles à tous les utilisateurs de la plate-forme.
 
Les plates-formes P2P utilisées pour accéder aux données personnelles
 
Et peuvent être récupérées. Les chercheurs se sont ainsi aperçus qu'un pourcentage - certes faible - des mots clés recensés sur les moteurs de recherche des applications P2P concernait directement des informations médicales ou financières. Autrement dit, certaines personnes utilisent spécifiquement ces logiciels pour accéder aux informations personnelles d'internautes non avertis. Les chercheurs recommandent donc aux internautes - patients ou médecins - qui conservent des données médicales sur leur ordinateur d'être particulièrement attentifs aux risques induits s'ils utilisent en parallèle des plates-formes de partage. Idéalement, le mieux est encore d'éviter d'installer des logiciels de ce type si l'ordinateur contient des données sensibles.
 
Les comportements à risque encouragés
 
Les chercheurs expliquent que les plates-formes elles-mêmes encouragent parfois les comportements à risque en classant leurs utilisateurs en fonction du nombre de fichiers qu'ils partagent, ou bien en suggérant d'augmenter le nombre de dossiers partagés. Les recommandations des chercheurs interviennent dans un contexte où les citoyens se montrent de plus en plus exigeants vis-à-vis de la confidentialité de leurs données médicales. Certains allant jusqu'à prendre des risques en s'auto-médicamentant pour éviter de passer par un médecin et de voir leur problème être intégré leur dossier médical.

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