Le paiement mobile appelé à s'ouvrir aux entreprises des pays émergents

Par 14 janvier 2010
Mots-clés : Smart city, Afrique

Règlement de ses fournisseurs, des salaires, des pensions... Les possibilités de m-paiement sont nombreuses qui intéressent le secteur B2B.

Le paiement mobile n'est pas une aubaine que pour les particuliers dans les pays émergents. Une étude publiée par Celent, révèle les opportunités qui existent pour un public d’entreprises. Le cabinet identifie trois applications principales. La première concerne le paiement des grossistes par les détaillants au moment de la réception de produits de consommation. Par exemple les vendeurs dans les kiosques règlent traditionnellement leurs fournisseurs en cash, avec tous les risques et problèmes que cela peut poser. Pour eux, le paiement par mobile est une solution pratique. Les auteurs de l’étude estiment que, rien qu’en Afrique, cela pourrait concerner 30 à 40 % de la vingtaine de milliards de dollars que représente le marché des boissons.
Une ouverture pour les banques
Une deuxième possibilité sera le versement des salaires, des commissions et des pensions de retraites effectué par entreprises et gouvernements auprès de leurs salariés. Enfin, la troisième application potentielle concerne le versement d’allocations diverses par les entreprises ou les gouvernements aux individus concernés. Ces deux possibilités offrent également une ouverture pour les banques. Jusqu’ici elles étaient souvent condamnées à regarder les opérateurs de réseaux mobiles se partager la part du gâteau. Si des institutions bancarisées comme les gouvernements et les entreprises s’y intéressent, cela pourrait s’avérer être une nouvelle source de revenus. L’étude va même plus loin en suggérant que cela permettra aux banques de casser la mainmise des opérateurs sur le marché du paiement mobile dans son ensemble.
Une solution qui a peu d’avenir dans les pays développés
Pour Laurent Nizri, fondateur d’Altéir, ces solutions ont en revanche peu d’avenir dans les pays développés. "Pour des paiements aussi importants que les salaires, ce type de solution n’aurait pas de sens", explique-t-il à L'Atelier. "L’Europe est beaucoup trop bancarisée pour cela". Pour lui, l’implication du portable dans la chaîne de paiement va croître, mais en tant qu’outil de confirmation d’une transaction ou d’identification. "En B2B, il y a aussi de petits montants à régler", nuance-t-il cependant. "Les auto entrepreneurs, par exemple, utiliseront les mêmes outils que les particuliers mais avec des besoins d’entreprises". Mais même dans les pays émergents, le développement du paiement mobile B2B ne se fera pas aisément. Le réseau d’agents sur lequel s’appuie déjà son alter ego en P2P aura en effet besoin d’être renforcé. Par ailleurs, les réglementations en vigueur devront être réexaminées pour autoriser des prélèvements plus importants.

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