Paiement mobile : "Le modèle technologique existe, à chacun de l'exploiter"

Par 18 novembre 2011
mobile payment

Alors que les usages des consommateurs ne cessent d'évoluer, les différents acteurs du paiement depuis un dispositif nomade doivent se pencher sur la manière de développer leurs activités, tout en prenant en compte les disparités locales.

Entretien avec Jean-Claude Detruche, vice-président des Services Financiers Mobiles chez Gemalto, à l'occasion du DigiWorld Summit 2011, qui se déroulait les 16 et 17 novembre à Montpellier.

L'Atelier : Où en est le secteur du paiement mobile à l'heure actuelle ?

Jean-Claude Detruche : Il avance bien. L'Internet mobile a pour vocation de changer la manière dont nous effectuons nos transactions quotidiennes. A terme, le téléphone portable doit remplacer le portefeuille à l'intérieur de nos poches. Maintenant que le modèle technologique existe, à chacun de l'exploiter correctement. Avant, la pénétration des terminaux mobiles n'était pas assez forte. Ce n'est plus le cas à présent, et cela change les habitudes des consommateurs, notamment en ce qui concerne l'explosion des paiements en ligne, que ce soit sur les sites ou les applications.

Suivant les zones géographiques et le profil des populations, les objectifs doivent être différents.

Effectivement, les ambitions ne sont pas les mêmes. Dans les pays développés, le smartphone vise à prendre le pas sur les cartes de crédit et l'argent liquide, pour des questions de commodité, en utilisant le répertoire des communications en champ proche (NFC) comme les codes-barres ou les puces RFID. Pour les marchés émergents, la problématique est tout autre.  Il s'agit avant tout d'offrir une alternative à des populations très peu bancarisées mais où la pénétration des portables est très forte comme en Afrique. On pense notamment à l'initiative de M-Pesa au Kenya. Les gens veulent pouvoir envoyer de l'argent à leur famille sans passer par le liquide mais plutôt par l'électronique.

Finalement, quels sont encore les obstacles pour que ces pratiques se développent de plus en plus ?

Le principal problème, c'est la difficulté de trouver des accords entre tous les acteurs de la chaîne : opérateurs téléphoniques, banques, commerçants, constructeurs de technologies NFC. Mais l'adhésion complète des utilisateurs passe par la multiplication de ces accords pour qu'ils aient confiance en ces moyens de paiement. Les banques poussent énormément car pour elles, l'argent liquide représente un risque. La sécurité des transactions est aussi au centre des débats. Mais le marché progresse avec des initiatives comme Cityzi en France, Isis aux Etats-Unis ou encore Barclays en Grande-Bretagne.

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