"Le paiement mobile a un avenir dans les pays développés"

Par 07 décembre 2010 2 commentaires
Yves Eonnet

L'engouement des populations dans les pays émergents pour les services de m-paiement est de bon augure pour le déploiement de ces solutions dans les pays industrialisés. Mais d'autres leviers doivent être actionnés.

Yves Eonnet est le co-fondateur et le président de Tagattitude, une société spécialisée dans le m-paiement NSDT (near sound data transfer), une technologie alternative à celle de la NFC.

L’Atelier : Le développement du m-paiement dans les pays émergents permet-il de tirer des conclusions pour favoriser son déploiement dans les pays développés ?

Yves Eonnet : Oui et non. Si le paiement mobile a connu un essor sans précédent dans les pays émergents, c’est qu’une grande partie des populations locales ne possède pas de comptes bancaires, et peut en revanche utiliser un téléphone portable d’entrée de gamme pour des services de transfert d’argent. Dans les pays industrialisés, la situation est loin d’être similaire, bien évidement. Et l’idée n’est en aucune façon de développer une solution qui viendrait se substituer à la carte bancaire, par exemple. Cela étant, les pays émergents constituent un laboratoire gigantesque, et certaines initiatives gagneraient à être adaptées aux pays industrialisés. Ce qui est certain, c’est que le paiement mobile a un avenir dans les pays développés.

Le fait que la situation et les infrastructures soient différentes ne constitue pas un problème ?

Le m-paiement englobe de nombreux services dont certains peuvent tout à fait correspondre aux attentes des utilisateurs occidentaux. Il s’agit en quelque sorte d’une solution complémentaire, qui permet de proposer davantage d’options aux clients. Par exemple, une carte bancaire ne permet pas de transférer de l’argent d’un individu à un autre aussi aisément que ce que permet le mobile. La solution que nous proposons utilise simplement le haut parleur et le microphone des appareils. Pourtant simple, elle renforce de façon conséquente la sécurité du e-commerce, par exemple. Le numéro de mobile de l’utilisateur est utilisé pour s’assurer que la personne qui effectue un achat en ligne est bien devant son poste, avec son téléphone.

L’idée est donc d’activer d’autres leviers, qui correspondent à de grandes tendances, comme le e-commerce…

Exactement. Il faut à la fois s’inspirer de ce qui a été fait, et remettre en cause l’approche initiale. Il y a toute une logique à refonder de nouveau. Mais l’engouement des populations des pays industrialisés pour ces solutions, dans les années qui viennent, ne fait plus aucun doute. Ce qu’il faut noter d’ailleurs, c’est qu’une partie de la population française, ou américaine, possède un mobile mais pas de compte en banque. Pour être tout à fait exact, il faut donc souligner que le paiement mobile s’adresse au grand public pour des services comme la sécurisation du e-commerce, mais aussi aux populations marginalisées. Populations qui représentent une part non négligeable de la population américaine, par exemple.

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2 Commentaires

Le problème de cette solution est qu'il faut que le réseau GSM soit disponiible au moment de la transaction. Ce qui n'est pas toujours le cas sur un Automate Bancaire ou dans un magasin surtout dans les pays en voie de développement.

Soumis par Christian Soulez (non vérifié) - le 07 décembre 2010 à 19h00

Que le mobile ne remplace pas la CB, ok encore que, mais qu'elle remplace le porte monaie pour les paiements de proximité, c'est juste indispensable !

L'idée de développer de nouveaux services innovants est excellente, mais fournir aussi des services de bases est indispensable à mon sens.

Je n'imagine pas que mon mobile puisse me permettre de payer un achat sur le net, mais pas à la boulangerie du coin serait vraiment dommage..

Soumis par FaBywoo (non vérifié) - le 07 décembre 2010 à 19h09

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