Quand l'e-paper fait office de montre et de ticket d'embarquement

Par 05 mai 2008 1 commentaire
Mots-clés : Smart city

Pour permettre aux voyageurs de ne pas manquer leur vol, trois designers taïwanais lancent un billet d'avion en papier électronique qui s'attache au poignet. Le bracelet donne également l'heure.

Retirer son ticket d'embarquement puis se l'attacher autour du poignet. Voilà ce que souhaitent proposer trois designers taïwanais, qui annoncent avoir développé un bracelet en papier électronique capable de faire office de billet lors de ses déplacements. Celui-ci, aussi fin qu'une feuille de papier classique, est proposé sur le ticket d'embarquement envoyé au voyageur. Ce dernier n'a alors qu'à le découper puis à le mettre au poignet. Une fois son voyage terminé, il doit le remettre à la compagnie, qui le réinitialisera pour un autre client. Intérêt du système, baptisé Ticketime : éviter la perte de son billet et l'oubli des horaires de vol. Et le bracelet ne se contente pas de proposer des données préenregistrées : il fait également fonction de montre, en proposant aux voyageurs l'heure exacte de leur pays de destination. Les deux boutons magnétiques qui permettent de fermer le système agissent comme des batteries : celles-ci s'enclenchent au moment où elles sont mises l'une contre l'autre, et permettent à l'encre électronique d'afficher les données nécessaires pendant toute la durée du voyage.
Un produit en contradiction avec le tout virtuel
Les initiateurs du projet n'indiquent cependant pas si plusieurs modèles existent en fonction de la durée du déplacement. Difficile également de savoir si Ticketime passe par la RFID ou par un autre moyen de transmission pour être lu aux portes d'embarquement. Le principe reste intéressant. "A l'heure où les téléphones portables embarquent de plus en plus d'informations, le bracelet permet de se séparer un peu de son combiné", explique Hélène Abraham, vice-présidente commercial, marketing et produit pour la compagnie Transavia. Mais son intérêt est limité, pense la responsable commercial : "alors qu'aujourd'hui les compagnies tentent de virtualiser au maximum les différentes démarches à effectuer pour voyager, notamment avec les codes-barres mobiles, le dispositif rematérialise le processus. Il rajoute quelque chose de concret qui n'est pas de l'ordre du nécessaire". D'autant que, estime-t-elle, la solidité du dispositif reste à démontrer.
Des usages limités
Autre problème : celui des usages. En effet, s'il est facile de faire du bracelet un véritable ticket d'embarquement et une montre, il reste difficile d'intégrer d'autres fonctions comme du contenu touristique lié à au pays visité. En raison de possibilités de stockage mais aussi d'affichage. "Le problème, c'est la taille de l'écran : il est encore plus petit que celui d'un téléphone, qui est déjà limité en termes de possibilités d'affichage", juge Hélène Abraham. En marge des aéroports, le bracelet pourrait se révéler intéressant dans le domaine du marketing : les consommateurs qui le souhaitent pourraient ainsi porter le bracelet d'une marque leur signalant la présence de promotions ou de produits susceptibles de les intéresser lorsqu'ils passent à proximité d'un point de vente. Là encore, Hélène Abraham nuance : "porter un bracelet qui vibre ou se manifeste d'une manière ou d'une autre peut quand même se révéler perturbant. Le système pourrait rapidement user la patience de ceux qui le portent". Pour l'heure, aucune date de commercialisation n'a été annoncée.

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1 Commentaire

Visiblement, c'est un concept, un prototype de designer. Je ne pense pas que leurs promoteurs ne pensent à le vendre un jour, ni que le concept n'existe réellement autrement que dans de belles images sous photoshop. ;-)Contrairement à Hélène Abraham, j'ai tendance à penser que trop de virtualisation risque au contraire de saturer l'utilisateur (et son mobile). La rematérialisation n'est pas toujours un mal, au contraire. Reste que d'ici que ce type de ticket existe, il va falloir encore attendre un peu.

Soumis par Hubert Guillaud (non vérifié) - le 07 mai 2008 à 15h59

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