Le papier électronique bousculera le modèle d'affaires de la presse

Par 29 septembre 2009
Mots-clés : Smart city

En conjuguant contenu statique et dynamique, l'e-paper s'impose de plus en plus comme un support journalistique de choix. Mais il pose la question du contrôle de la distribution de l'information.

"Le support papier, malgré ses avantages, n’offre pas à l’heure actuelle les avantages d’interactivité et de personnalisation des médias numériques", explique Philippe Torres, directeur des études et du conseil à L'Atelier. Une théorie partagée par une équipe des universités d’Halmstad et Gothenburg : celle-ci attire l'attention dans une étude* sur le potentiel qu’offrirait un support pliable, comme le papier électronique. Celui-ci étant capable de proposer du contenu statique (textes, photos) ou dynamique (vidéos) et étant personnalisable. Et donc de prendre en compte le contexte de la lecture. Mais cette perspective d'un e-journal à la fois physique et numérique remet en cause le business model de la presse. Pourquoi ? Selon l'étude, c’est tout le contrôle de la distribution de l’information qui se joue derrière cette redéfinition.
Qui contrôlera la distribution de l’information ?
La presse a dès le début intégré le numérique dans le processus d’élaboration de contenu. "Plus personne n’envisage de faire un journal sans l’apport du numérique", explique Philippe Torres. "C’est pour les processus de distribution, que la question se pose désormais". La co-existence de la presse papier avec une presse en ligne ou sur mobile implique déjà la présence de dynamiques et de partenaires à chaque fois différents. Avec l’e-journal, d’autres vont entrer en jeu. Les fournisseurs d’appareils capables d’accueillir ce contenu par exemple. "Celui qui aura le contrôle d’un tel ‘média universel’ aura une influence certaine sur le business model de la presse", affirme le directeur des études et du conseil.
Une transition qui sera longue
Les années qui vont venir avant de voir apparaître un tel média seront donc clés. Pour Philippe Torres, les grands groupes de médias en sont bien conscients. Mais l’étude pointe des mouvements contradictoires en leur sein même. D’un côté ils cherchent à mobiliser de nouveaux partenaires et à intégrer les innovations liées au numérique. De l’autre, il y a le souci de stabiliser sa position et une certaine résistance au changement. "La transition prendra du temps", assure Philippe Torres. "Et elle viendra probablement de l’extérieur". Les différentes initiatives que l’on observe en ce moment - l’arrivée de Bakchich sur papier, les maquettes redéfinissant la répartition des contenus entre papier et web... - étant à son avis le signe d’une réaction saine au phénomène. "Les journaux expérimentent, ce genre d’initiatives va proliférer", prédit Philippe Torres.
* Digital Innovation In The Value Networks Of Newspapers fait suite à des travaux réalisés dans le cadre du projet européen DigiNews

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