Le papier est le remède aux maux du vote électronique

Par 02 août 2007
Mots-clés : Amérique du Nord

De nombreuses failles de sécurité minent les systèmes de vote électronique. Pour résoudre le problème, des chercheurs américains préconisent la mise en place de contrôles fréquents, en particulier sur les justificatifs papier émis par les machines.

De nombreuses failles de sécurité minent les systèmes de vote électronique. Pour résoudre le problème, des chercheurs américains préconisent la mise en place de contrôles fréquents, en particulier sur les justificatifs papier émis par les machines.
 
De nombreux Etats américains n'auraient pas déployé des mesures de sécurité suffisantes permettant d'assurer l'intégrité des résultats des élections effectuées par la voie électronique. Ce constat alarmant, énoncé par deux centres de recherche universitaires, le Brennan Center for Justice de la NYU School of Law et le Samuelson Law, Technology & Public Policy Clinic de l'UC Berkeley's Boalt Hall School of Law, souligne le fait qu'un nombre très restreint seulement d'Etats sont équipés pour repérer des attaques sophistiquées et ciblées de leurs logiciels, mais aussi les bugs et les erreurs de programmation, qui peuvent changer l'issue d'une élection. Seule solution efficace de prévention selon les chercheurs : l'instauration de contrôles fréquents.
 
Contrôler systématiquement après le scrutin
 
Depuis la mise en place des machines à voter électroniques, les risques ont évolués. Pendant longtemps, la production de preuves dactylographiées du vote a été estimée comme la garantie de la bonne tenue du vote. Selon les chercheurs, ce système de preuves n'est pas suffisant. "Les machines de vote, comme toute machine, peuvent rencontrer un problème technique", souligne Susannah Goodman, directrice du Voting Integrity Programs for Common Cause. "Nous avons besoin de contrôles systématique et mandatés pour bien s'assurer que ce sont les citoyens qui ont choisi leur candidat, et pas une défaillance logicielle ou une erreur de programmation".
 
C'est pourquoi le rapport, intitulé Post Elections Audits : Restoring Trust in Elections, préconise la mise en place d'audits rigoureux et ciblés des enregistrements papiers fournis par les machines. Il propose aussi aux juridictions de sélectionner un pourcentage d'enregistrements papiers pris au hasard après le scrutin afin de vérifier que le vote électronique a fonctionné. Enfin, les universitaires proposent des pistes pour déterminer quels types de votes doivent être contrôlés, au niveau local et national, et évoquent les moyens de conduire ces contrôles avec succès.
 
D'importants efforts en perspective
 
"Qu'importe le temps que nous passerons à étudier ces machines, nous ne penserons jamais à toutes les attaques et bugs possibles. Nous pouvons essayer de résoudre chaque faille que nous trouverons, mais l'utilisation de preuves papier pour effectuer des contrôles sur la légalité du vote est le seul moyen de faire réellement confiance à ces machines", explique Lawrence Norden, responsable du rapport et directeur du Brannan Center's Voting Technology Assessment Project.
 
Mais la route est encore longue. Pour le moment, sur les trente-huit Etats qui produisent des attestations papier lors de la tenue d'un scrutin par voie électronique, vingt-trois ne procèdent pas à ce type de vérifications après chaque élection. Et aucun des rares Etats - mis à part celui de Caroline du Nord - qui procèdent à des vérifications post-scrutin n'a encore adopté un modèle type de contrôle pour améliorer son système de détection des erreurs.
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 02/08/2007)

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