Le passager détermine lui-même le temps de trajet

Par 28 mai 2008
Mots-clés : Smart city

Le département du transport de l'Etat de l'Indiana teste un dispositif qui repère les équipements Bluetooth embarqués dans les véhicules. Un nouveau moyen d'assurer la gestion du trafic routier.

Gérer le trafic routier en s'appuyant sur les appareils Bluetooth - téléphones mobiles, PDA, ordinateurs portables - transportés par les personnes véhiculées. Cette technique est au cœur d'un projet de recherche mené par les ingénieurs américains de l'Indiana Department of Transportation (INDOT). En détectant la présence de ces appareils électroniques émetteurs de signaux, les chercheurs seraient ainsi à même de calculer le temps mis par ces véhicules pour rallier un point à un autre sur un tronçon routier. "Ce type d'informations peut-être utile pour de nombreuses applications comme la signalisation routière ou encore la gestion des zones en travaux pour mieux réduire la congestion des axes", explique Darcy Bullock, professeur d'ingénierie civile à l'université de Purdue impliquée dans le projet.
Combinaison de technologies
Le dispositif mis au point relève donc les "adresses" des appareils équipés Bluetooth embarqués par les passagers. Des détecteurs installés à différentes intersections stratégiques et tronçons autoroutiers de la ville - le système a été déployé en zone urbaine - repèrent la signature numérique de ces systèmes mobiles, ce qui leur permet ensuite de suivre les déplacements d'un même véhicule. "Sur le principe le système est tout à fait ingénieux. On peut cependant se poser la question de la portée du signal, très courte, de la technologie Bluetooth", constate Jean-Luc Ygnace, ingénieur de recherche à l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS). Pour lui, le Bluetooth peut imposer un certains nombre de contraintes en matière d'infrastructures, de même que pour assurer une détection en continu, sans interruption. "La meilleure solution serait sûrement une combinaison de technologies. Le principe du véhicule traceur peut s'appuyer sur l'infrastructure mobile, le Wi-Fi, des systèmes de capteurs comme pour le télépéage, etc".
Le coût en question
Comme pour la majorité des systèmes employés dans le cadre de la surveillance du trafic routier, l'obtention d'informations quantitatives en temps réel est une composante essentielle de la prise de décision immédiate. Mais pas seulement, indiquent les chercheurs américains. "Ces données peuvent aussi permettre de définir des tendances de long terme qui vont influer sur la conception de certains ouvrages", explique Jame Sturdevant, ingénieur du projet américain. En outre, le coût d'un tel système pourrait s'avérer intéressant. "Les systèmes de reconnaissance visuelle par exemple sont beaucoup trop chers pour des applications de contrôle routier, sauf si les infrastructures sont déjà présentes", conclut Jean-Luc Ygnace.

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