Le patient a la main sur son dossier médical

Par 28 février 2008

Le projet Health Record Banking repose sur le principe d'une banque d'informations médicales offrant une large autonomie au patient dans la gestion de ses données. Un projet assimilable au DMP français, version américaine.

A l'heure où le Dossier médical personnalisé (DMP) français est au point mort, le modèle de gestion de l'information de santé américain Health Record Banking (banque d'information) s'annonce prometteur. Cette approche, cantonnée à l'Etat du Kentucky, et qui met l'utilisateur au centre du dispositif d'échange de l'information, se distingue du projet hexagonal. "On peut imaginer que l'infrastructure utilisée dans un tel système sera proche de celle du DMP même si elle devrait différer dans ses aspects commerciaux", a déclaré à L'Atelier le docteur Jean-Jacques Fraslin, cofondateur de Fulmedico (Fédération des utilisateurs de logiciels médicaux). Ce système, qui passera bien évidemment par une interface web, permettra à l'individu de déposer, et de retirer des données de santé le concernant en toute autonomie, à la manière des dépôts et retraits bancaires. Ainsi, l'utilisateur sera non seulement capable de gérer lui-même ses données médicales, mais aura également la possibilité d'en restreindre l'accès.
Autonomisation du patient face à son dossier
Seuls les praticiens préalablement autorisés à le faire pourront déposer des informations sur le compte du patient, ou encore les consulter. Un aspect qui vient renforcer la sécurité générale du système et l'appropriation du dossier médical par la personne, selon l'organisation Health Record Banking Alliance (HBRA), qui vient d'en définir les grands principes dans un document officiel. On note toutefois que les aspects techniques de cette sécurisation ne sont pas évoqués. "Le problème de la sécurisation du système est majeur, c'est  d'ailleurs pour ça que les solutions de Microsoft et Google ne sont encore qu'à l'état de prototypes. Je ne vois pas ce genre de projets se développer sans coûts importants en matière de systèmes de sécurité", indique Jean-Jacques Fraslin. Toute action de modification ou de consultation de la banque doit être enregistrée et ces informations être aisément accessibles au patient, avance encore l'HBRA.
Des consommateurs favorables
Autre principe rappelant le fonctionnement d'un compte bancaire : l'Health Record Banking autorise le patient à établir une procuration à un tiers pour la gestion de ses informations médicales. Dans l'optique d'une éventuelle application de ce modèle, une enquête* menée conjointement par le Louisville Health Information Exchange et le centre Noblis a établi que la majorité (70 %) des consommateurs était favorable à ce type de services, à la condition que leur praticien y adhère. Un quart des personnes interrogées seraient par ailleurs prêtes à payer environ cinq dollars sur une base mensuelle pour en bénéficier. "Encore faut-il que l'informatique ne ralentisse pas les médecins. Le problème est ici de proposer un outil orienté métier permettant également au patient de gérer ses données convenablement. A cet égard, on a peut-être trop écouté les patients", conclut Jean-Jacques Fraslin dans un parallèle avec le projet DMP.
* Enquête menée auprès de plus d'un million de consommateurs et des fournisseurs de produits et services de santé. 

L'Atelier BNP Paribas

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