"Les pays émergents nous intéressent pour leur croissance accélérée"

Par 28 juillet 2009

L'opérateur russe Vimpelcom lorgne sur l'Asie du Sud-Est, le Proche Orient et l'Afrique pour étendre réseaux et services. Entretien avec Alexandre Torbakhov, directeur général du groupe.

L'Atelier : Quelle est la stratégie d’expansion de Vimpelcom au niveau international?
Alexandre Torbakhov : Nous sommes déjà présents dans six pays de la CIE (Kazakhstan, Ukraine, Géorgie, Arménie, Ouzbékistan et Tadjikistan). Mais nous cherchons à nous épanouir sur d’autres marchés, notamment en Asie du Sud-Est, au proche Orient et en Afrique. A commencer par le Vietnam et le Cambodge. Pourquoi ? Parce que ces pays sont caractérisés par une croissance accélérée, le PIB est assez important et le niveau de pénétration de services mobiles est encore relativement bas.
Comment vous placez-vous sur ces marchés : construction d'infrastructures, rachats…
Nos moyens financiers ne nous permettent pas toujours de faire concurrence aux géants des télécoms mondiaux, dans le cadre des appels d’offres ouverts. Par conséquent, nous utilisons d’autres stratégies : achat d’un opérateur existant (certains pays de la CIE), création d’une entreprise commune (Vietnam), ou encore achat d'une société ayant une licence officielle (Cambodge, Géorgie et Tadjikistan). Enfin, nous allons nous étendre selon l’effet "cluster" : c'est-à-dire que nous allons nous développer région par région, pays par pays. Selon la proximité culturelle, historique, climatique, démographique... Ce qui nous permettra de réduire les dépenses de la "localisation" des produits et de leur adaptation aux spécificités locales.
Quels sont vos grands secteurs d'investissement ?
Nous misons sur la 3G et le FTTP. Nous allons lancer la 3G dans toutes les régions de Russie d’ici au mois de novembre. A souligner que notre stratégie ne vise pas seulement les utilisateurs des mobiles ayant accès au 3G (dont la pénétration est près de 15 % seulement), mais surtout ceux d’Internet domestique, à qui nous proposons des modems USB permettant de travailler aussi bien en 3G qu’en 2G. Le haut débit est encore peu répandu dans les régions.
L’e-commerce nous intéresse aussi tout particulièrement. Nous avons été parmi les premiers sur le marché russe à proposer le "porte-monnaie mobile" à nos clients. Dans les pays où les gens sont peu ou pas habitués aux règlements bancaires, les paiements mobile ont un grand potentiel. Car le portable est par définition plus "user-friendly" que les services bancaires.
En ce qui concerne les pays où les infrastructures bancaires sont bien développées, nous ciblons deux niches : celles où l’utilisation des cartes bancaires est soit moins sécurisée, soit moins pratique.
Autant de services avec lesquels vous pourriez entrer en concurrence avec des opérateurs étrangers.
Oui, nous sommes prêts à rivaliser les opérateurs mondiaux, mais ils ne sont quasiment pas encore représentés sur le marché russe. Vodafon vient seulement d'afficher sa volonté de créer un opérateur virtuel. Et Orange, par exemple, n’est représenté pour l’instant que par une seule marque commerciale "Orange business services", qui vise principalement le monde de l'entreprise.

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