Dans les pays émergents, les relais mobiles fonctionnent au vert

Par 18 septembre 2008

Une vingtaine d'opérateurs s'associe pour favoriser l'utilisation d'énergies renouvelables sur les réseaux mobiles. Objectif : alimenter plus de cent mille stations de base dans les pays du Sud d'ici 2012.

L'industrie mobile se concerte pour faire des économies et devenir éco-responsable. La GSMA vient en effet de lancer le "Green Power for Mobile Programme". Regroupant vingt-cinq opérateurs du monde entier, cette initiative vise à privilégier les sources d'énergie renouvelables (solaire, éolienne, biocarburants durables etc.) pour alimenter les stations de base off-grid, c'est-à-dire capables de fonctionner hors réseau, dans les pays émergents. Le projet concerne plus de cent mille stations existantes et à venir. D'ici cinq ans, plus de la moitié des stations de base des pays du sud pourraient ainsi fonctionner grâce à des énergies vertes. Selon le fond de développement du GSMA, le nombre de stations de base fonctionnant avec des énergies renouvelables ne dépasse pas mille cinq cent unités. Jusqu'à présent, ces stations utilisent le plus souvent des générateurs alimentés au gazole.
Réduction des émissions de gaz à effet de serre
Les coûts de fonctionnement d'un tel système sont extrêmement importants. D'autant plus que le gazole peut être difficile à exporter lorsqu'il s'agit de localités éloignées. Enfin, surtout, ces stations génèrent beaucoup trop de gaz à effet de serre. Selon certaines estimations, le "Green Power for Mobile Programme" devrait permettre d'économiser jusqu'à deux milliards et demi de litres de gazole par an. Ce qui réduirait les émissions annuelles de gaz carbonique de plus de six millions de tonnes. Etant donné l'augmentation des prix du pétrole, les opérateurs pourraient par ailleurs réussir à rentabiliser leurs investissements en seulement deux ans. "Dès lors qu'ils s'attachent à élargir leurs couvertures mobiles au plus grand nombre, les opérateurs sont obligés de trouver des solutions énergétiques alternatives aux réseaux électriques qui soient à la fois fiables, économiques et respectueuses de l'environnement", déclare Rob Conway, le PDG de GSMA.
Un investissement rentable
"Notre fond de développement a justement acquis une expérience incontestable en matière de sources d'énergies renouvelables. Aux opérateurs nationaux de se saisir de cette opportunité." Divers projets ont déjà été réalisés grâce au fond de développement du GSMA : il a notamment permis de construire dix-sept stations fonctionnant grâce à l'énergie solaire ou éolienne dans les îles Pacifique du Vanuatu. Du biocarburant alimente également trois cent cinquante stations en Inde. Il s'agit désormais de reproduire ce modèle à une plus grande échelle. Les opérateurs participant au projet se réunissent aujourd'hui au Kenya, à l'initiative de l'opérateur local Safaricom. Le GSMA a par ailleurs ouvert un site Web consacré à l'utilisation des énergies propres dans l'industrie mobile.

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