Les pays émergents s'emparent du paiement par mobile

Par 17 juin 2008 2 commentaires
Mots-clés : Smart city

Payer ses factures ou faire des virements par téléphone portable. Le système séduit massivement dans les pays en voie de développement, en permettant aux personnes non bancarisées de réaliser des transactions.

Les personnes non bancarisées trouveront dans le téléphone portable un moyen efficace de réaliser des transactions et de profiter de services bancaires. Le système, qui permet de régler des biens et services depuis un mobile n'oblige en effet pas à posséder de compte en banque : les transactions peuvent s'effectuer après l'achat d'une carte prépayée, par exemple, ou après la remise de la somme en main propre dans un relais. L'information n'est pas nouvelle. Ce qui l'est, c'est l'ampleur qu'elle devrait prendre. Selon Juniper Research, qui publie une étude sur le sujet, près de 42 milliards de transactions seront effectuées depuis un téléphone portable en 2011. Ce, en grande partie par les millions de personnes habitant dans des pays en voie de développement. Ou celles des pays industrialisés qui ne bénéficient pas de compte bancaire, en raison de leur situation sociale ou de leur âge.
Dématérialiser pour sécuriser
"Dans les pays en voie de développement, le mobile est un véritable moyen de sécuriser la personne et les fonds qu'elle possède. Il permet de dématérialiser l'argent", souligne ainsi à L'Atelier Eric Delannoy, vice-président du cabinet de consultants Weave. Reste un problème, et de taille : celui de la législation. La plupart des pays émergents n'appartiennent pas à l'écosystème MFS (Mobile Financial Services). "Ces pays sont souvent en friche en termes de réglementation. Plusieurs mesures sont à prendre, notamment pour éviter la mise en place de réseaux parallèles de création de monnaie ou de blanchiment", ajoute le vice-président de Weave. Et selon lui, cette question est majeure : "Les flux de transaction ne doivent pas déréguler l'économie monétaire locale, qui est fragile dans les pays en voie de développement". Surtout que, rappelle-t-il, le développement du m-banking est un enjeu de développement public. "Il vise à capter une partie du circuit informel pour le ramener vers le secteur formel, qui lui est contrôlé".
Un business model à trouver
La plupart des pays industrialisés ont d'ores et déjà des règles très strictes et sont sous des législations qui régulent le secteur de la finance. Ce, afin de protéger à la fois le consommateur et le commerçant. Les nations qui ne sont pas sous couvert de ces lois pourraient ainsi se retrouver dans l'obligation de débourser d'importantes sommes pour mettre au point un écosystème alternatif en harmonie avec celui en vigueur. Particulièrement en ce qui concerne les transferts de fonds. Mais pour Eric Delannoy : "le vrai problème est celui de la rentabilité du modèle". Pour gagner de l'argent, les fournisseurs doivent en effet facturer les opérations. Or les populations visées sont financièrement fragiles, et rendent difficile la création de la valeur. "Les organisations - fournisseurs, équipementiers, opérateurs - devront être capables d'en supporter le coût, à leur charge ou remboursé par l'Etat, et sans générer ensuite d'importants bénéfices", conclut-il.

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2 Commentaires

Bonjour,
Sauf erreur, je crois que nous nous sommes croisés lors de la dernière édition de Start-West qui s'est tenue à Nantes en Mai dernier.
J'ai été très interressé par votre article sur l'évolution des solutions de paiement via le mobile.
Existe t-il a votre connaissance des opérateurs disposant d'une offre de paiement mobile C2C, soit le transfert d'argent entre particuliers, autre que la solution MOVO, proposée par la Caisse d'Epargne.
Bien cordialement,
Jean-David Rezaioff

Soumis par Rezaioff (non vérifié) - le 19 août 2008 à 16h32

VIVEMENT 2011, c'est tres pratique, je confirme.

Soumis par POUTAS (non vérifié) - le 11 septembre 2009 à 11h14

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