Les pays peinent toujours à intégrer les TIC à leur politique gouvernementale

Par 04 mai 2015
Les TICS plus ou moins bien intégrées dans les différents pays du globe

Les technologies de l’information et de la communication auraient un impact prouvé sur les pans économiques et sociaux d’un pays : un tournant digital à adopter pour les pays en voie de développement si ceux-ci souhaitent poursuivre leur développement…

Le rapport mondial sur les technologies de l’information 2015 des cabinets PwC et Strategy&, fait apparaître une réelle fracture numérique entre pays développés et pays émergents, et dresse le constat d’un écart grandissant entre les pays ayant accès aux avantages que procure internet, et ceux qui en sont privés. En effet, en 2015, Internet n’est encore disponible que pour 39 % de la population mondiale, comme le rappelle l’étude.

La principale découverte de l’étude réside dans le fait qu’une majorité de pays ne parviennent pas à œuvrer pour intégrer les TIC à leur politique gouvernementale. Celles-ci auraient pourtant un réel pouvoir de transformation tant sur le plan économique que social. En améliorant l’accès aux services internet et en stimulant la connectivité, des emplois pourraient être créés et c'est la manière dont tous les citoyens d'un pays communiquent et s’engagent avec leur gouvernement qui pourrait changer.

Le Top 10 des pays faisant le meilleur usage des technologies de l’information et de la communication

L’étude produit un classement de 143 pays en s’appuyant sur l’index NRI (Networked Readiness Index, index de préparation aux réseaux) établi sur la base de l’agrégation de 53 indicateurs individuels par pays. Ces indicateurs révélateurs de l’environnement, de l’utilisation des nouvelles technologies, des impacts de cette utilisation…Cet index permet (sur une échelle de 1 à 7) de mesurer les performances des 143 pays (analysés) en ce qui concerne leur utilisation des TIC pour booster leur compétitivité.

Parmi les pays les plus susceptibles d’exploiter ces ressources pour générer des impacts économiques et sociaux, Singapour se place en tête du classement, suivi de près par la Finlande et la Suède. Étonnement, de grand acteurs comme la Chine ou la Russie se trouvent assez mal placés dans le classement : en 62e position pour la première, et 41e position pour le second. Parmi les pays émergents en bas de classement, on retrouve une majorité de pays africains : L’Ethiopie (130e place), l’Angola (140e), le Tchad (143e). Certains pays en développement affichent néanmoins un des taux de progrès les plus important, comme l’Arménie, qui se hisse à 58e place du classement et la Géorgie (60e).

La carte du monde colorée selon l’index de préparation aux réseaux

L’écart entre la partie supérieure et inférieur du classement est probant : sur les 143 pays analysés par l’étude, les régions figurant parmi les 10 % les plus performantes à utiliser et tirer parti des technologies de l’information, ont connu un niveau d’amélioration 2 fois plus élevé que les pays figurant parmi les 10 % les moins performants.

Dans l’objectif de réduire cet écart, quelles mesures prendre en matière de nouvelles technologies ? Comme le souligne l’étude, seules les entreprises et les initiatives gouvernementales peuvent inverser cette tendance. Pour ce faire, la population des pays émergents doit être sous la coupe d’un leadership gouvernemental sur la question des TIC, qui assure un approvisionnement durable en contenus numériques locaux et en incitant la synergie entre les acteurs : opérateurs télécom, marques, secteur public…Le tout visant à développer l’écosystème numérique. Selon Bahjah El Darwiche, expert chez Strategy&, les gouvernements doivent inciter les populations à faire usage des TIC pour transformer leur économie : « le fait de proposer davantage de contenus locaux de meilleure qualité permettra de créer des emplois et d’assurer de meilleurs revenus à des millions de personnes sur les marchés émergents ».

 

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