Quand la peau devient l'interface de contrôle du mobile

Par 03 mars 2010
Mots-clés : Smart city

En utilisant un brassard équipé de capteurs, Skinput transforme les pressions produites par le doigt sur la peau en actions sur un smartphone. Il peut être couplé à un pico-projecteur qui projette un clavier.

Contrôler son smartphone simplement en tapotant sur son bras plutôt que sur le clavier de l'appareil ? C'est ce que proposent des chercheurs des laboratoires de Microsoft et de l'université de Carnegie Mellon. La technologie qu'ils ont développée - baptisée Skinput - s'appuie sur la reconnaissance des transmissions acoustiques corporelles, du bras en particulier. Pour transformer la pression d'un doigt sur la peau en données exploitables par une interface homme-machine, les chercheurs ont développé un brassard équipé d'une batterie de capteurs. Ceux-ci détectent les vibrations réalisées sur la peau et qui produisent une légère déformation après un contact. Chaque capteur est par ailleurs conçu pour détecter une échelle de fréquence propre.
Un clavier directement dans la paume de la main
Les chercheurs expliquent que, selon la partie exacte du bras qui va être effleurée, la fréquence des vibrations sera différente. Cela est dû au fait que le bras et la main sont faits d'un système osseux complexe qui accentue la diversité acoustique des différentes zones. Le brassard est donc capable, non seulement de déterminer quand un contact aura eu lieu sur la peau du bras, mais également à quel endroit précisément. Pour montrer le potentiel de leur système en termes d'interface, les chercheurs ont développé plusieurs prototypes. L'utilisation d'un pico-projecteur, par exemple, permet de projeter un clavier ou un menu sur la main ou l'avant-bras. Il est ainsi possible de taper un numéro directement dans la paume de la main.
Le système reste précis, même en mouvement
Lors de premiers tests avec des volontaires, les chercheurs ont identifié plusieurs zones pouvant clairement servir de "clavier" sur les mains et le bras. La précision du système a été testée en situation de marche et de jogging, et les résultats se sont montrés très encourageants. Ainsi, le système n'a relevé aucune fausse interaction durant la marche et relativement peu pendant le jogging. Les interactions volontaires, quant à elles, ont toutes été identifiées avec succès. Seul point noir notable : la localisation des zones affectées perd en précision dans ces conditions d'utilisation.

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