La performance d'Internet dépend de règles personnifiées

Par 11 mars 2008

La congestion du trafic induite par quelques uns pèse sur la qualité de service de l'ensemble des internautes. Les fournisseurs d'accès doivent personnaliser l'accès à la bande passante.

Les fournisseurs d'accès à Internet ont les moyens de lutter contre la congestion du trafic sur la Toile. D'autant que le "bien-être" de l'utilisateur en dépend, assure l'organisation non gouvernementale américaine Phoenix Center. "Etude après étude nous constatons qu'une minorité d'utilisateurs de l'Internet bénéficie pleinement des performances qu'ils sont en droit d'attendre de leur réseau", rappelle Lawrence Spiwak, président du Phoenix Center. Dans son dernier rapport en date "The Welfare Impacts of Broadband Traffic Management: Can Broadband Service Providers Be Trusted?", le coauteur du rapport ajoute que des règles rigides et normatives, elles, peuvent peser sur l'expérience utilisateur. C'est pour cela qu'une "bonne politique en la matière devrait se concentrer sur l'objectif d'affranchir les consommateurs des ralentissements et des coupures du réseau".
Favoriser les performances du réseau
L'ONG explique qu'en matière de gestion du réseau Internet, les opérateurs doivent donc privilégier une approche au cas par cas plutôt qu'une règle unique. Une recommandation finalement pragmatique : les réseaux sont disparates, disposent de leurs caractéristiques propres, et diffèrent aussi par les applications qu'ils prennent en charge. L'organisation a basé son étude sur un modèle économique intégrant les "externalités" de la congestion, c'est-à-dire les conséquences d'un ralentissement du trafic sur l'utilisateur individuel. L'ONG évoque ainsi l'exemple du Japon, pays réputé pour les performances de son réseau haut débit. Là-bas, les internautes adeptes des applications d'échange peer to peer, pourtant minoritaires, s'octroient la plus grande part de la bande passante disponible.
Bande disponible accaparée
"Lorsqu'un réseau est congestionné par une application particulière ou encore un utilisateur lourd, cela induit des externalités négatives qui nuisent à l'ensemble des utilisateurs", poursuit George Ford, économiste au Phoenix Center. Pour éviter ces "déséconomies externes de consommation", l'organisation recommande aux FAI l'utilisation de moyens tels que la priorisation du trafic, l'application de tarifs différentiels, ou encore la pratique du bridage de débit (traffic shaping). Tout en précisant que le coût de ces externalités négatives ne saurait être uniquement supporté par le secteur privé. Le régulateur doit également en prendre sa part, affirme l'ONG.

L'Atelier BNP Paribas

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