Les petits pays d'Europe doivent s'organiser pour mieux innover

Par 10 juin 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Pont entre le milieu de l'éducation et l'entreprise, intégration des technologies à d'autres types d'innovations, gestion des budgets et transparence font partie des principaux challenges de ces régions européennes.

Dans les petits pays d’Europe, les challenges de l’innovation ont évolué. Il s’agissait par le passé surtout de pénuries - en travailleurs qualifiés, en innovation dans le secteur public, etc. - et d’une productivité en faible croissance. Les futurs défis se situeront au niveau des systèmes éducatif et scientifique, qui doivent répondre aux besoins des entreprises et être compétitifs. Viendront ensuite les investissements R&D des secteurs public et privé, puis l’innovation dans les services et la commercialisation des résultats scientifiques. C’est ce qui ressort d’une étude sur la gouvernance de la recherche nationale et des politiques d’innovation menée par Tekes, agence finnoise de financement pour la technologie et l’innovation, auprès de neuf petits pays européens (*). Au-delà des technologies, la notion d’innovation selon le Tekes couvre des aspects sociaux, organisationnels, etc.
Un chef d'orchestre est demandé
Dans les petits territoires européens apparaît un besoin d’intégration et de coordination du fait de la multiplication des acteurs et des problématiques. Les nouvelles fonctions de gouvernance sont introduites par le biais de nouvelles institutions, car les structures existantes tendent à être figées. Ce qui augmente encore la complexité et le besoin d'orchestration. Au niveau opérationnel, des frictions apparaissent entre les fonctions de conseil, de définition de politiques et de mise en œuvre de ces dernières. D'où la nécessité d'éliminer régulièrement les structures et processus obsolètes ou redondants. Autre constat : les sciences et technologies pèsent de plus en plus lourd dans l’agenda politique. Les attentes au niveau des résultats augmentent. D'autant que les politiques doivent rendre des comptes sur l’utilisation de l’argent public. Or, certains grands programmes de R&D mettent à disposition des budgets considérables.
Création ou rénovation de secteurs d'activité
Le Tekes cite ainsi l'Estonie, la Finlande, ou encore les Pays-Bas, la Norvège et la Suède. Cette manne financière est souvent disponible par grosses tranches irrégulières et au travers de structures temporaires difficiles à intégrer au système existant. Une augmentation soudaine du budget qui peut par ailleurs amener à privilégier la quantité des projets et non leur qualité. En Irlande, l’innovation sectorielle fait partie des principales problématiques, tandis qu’en Estonie, c’est plutôt la rénovation des activités traditionnelles. Plusieurs pays d’Europe du Nord  soulignent l’importance de challenges ayant trait aux ressources humaines : la mobilité de la main d’œuvre en Suède et en Autriche, la formation continue (ou apprentissage tout au long de la vie) en Finlande et aux Pays-Bas. En Autriche, la mobilité financière et le marché du capital risque sont également au cœur des préoccupations. Enfin, dans les Flandres, le Tekes estime qu'il faut avant tout aider l’innovation à passer les frontières.
(*) Autriche, Danemark, Estonie, Finlande, Flandres (Belgique), Irlande, Pays-Bas, Norvège et Suède.

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