Quand les photos d'internautes reconstruisent Rome en 3D

Par 16 septembre 2009

L'université de Washington a reconstitué la cité en trois dimensions en se basant uniquement sur des clichés publiés sur Flickr. Un tel dispositif affinera le rendu des jeux vidéo et des services de tourisme virtuel.

Rome n’a pas été construite en un jour, mais sa reconstitution numérique a pris moins de 24 heures. C’est ce à quoi sont parvenus les chercheurs de l’université de Washington, en utilisant plus de cent cinquante mille photos de la capitale italienne trouvées sur le site de partage en ligne Flickr. Leur système analyse chacune des images et les combine entre elles pour reproduire un modèle numérique en trois dimensions de la ville concernée. Sur chaque reproduction, un triangle représente la position du photographe. Il a fallu par exemple plus de mille photos pour reproduire la basilique Saint-Pierre, en plus de cinq cents mille points répartis dans l’espace. L'intérêt est loin d'être de l'ordre du divertissement : les chercheurs envisagent de créer des services de tourisme virtuels très réalistes, ou de recréer des villes réelles dans des jeux vidéo.
Reconstituer des villes entières
Dernier objectif : créer des représentations de cités comme Venise suffisamment fidèles pour envisager leur préservation numérique. La cité des Doges a en effet subi de nombreux dégâts dus à la montée des eaux. "Faire correspondre entre elles cette masse d’images a constitué un défi majeur", explique Sameer Agarwal, de l’université de Washington, "Jusqu’à présent, même avec tout le matériel imaginable, une reconstitution à partir d’un tel nombre de photos prenait un temps infini". Les versions précédentes du logiciel, Photo Tourism et Photosynth (maintenant sous licence Microsoft), reconstituaient les paysages isolés. Ici, il s’agit vraiment de reconstituer des cités entières.
Des applications historiques, touristiques ou vidéo-ludiques
Passer de l’analyse de quelques centaines à plusieurs centaines de milliers de photos n’a rien de trivial. Les versions précédentes établissaient pour chaque photo une correspondance avec chacun des autres clichés disponibles. A ce rythme, il faudrait dix ans et cinq cents ordinateurs pour comparer entre elles un million de photos. Autant dire que cette solution n’était pas possible. L’équipe a donc dû développer de nouveaux codes de programmation fonctionnant plusieurs centaines de fois plus vite que les précédents. Elle a également réfléchi à la possibilité de faire tourner le système simultanément sur plusieurs ordinateurs, ou en utilisant des solutions de cloud computing. Malgré tout, des centaines d’ordinateurs travaillant simultanément sont encore nécessaires pour parvenir au résultat final. Pour Venise, elle a ainsi dû employer cinq cents ordinateurs.

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