Pionnier de la monnaie électronique, Digicash est en faillite.

Par 18 novembre 1998
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Digicash, l’un des pionniers de la sécurisation des transactions électroniques sur Internet vient de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites et cherche de nouveaux action...

Digicash, l’un des pionniers de la sécurisation des transactions
électroniques sur Internet vient de se placer sous la protection de la loi
américaine sur les faillites et cherche de nouveaux actionnaires
susceptibles de le renflouer. Toutefois, le bilan de la société laissant
apparaître un passif important avec des actifs réduits à “un portefeuille
de propriété intellectuelle” difficilement brevetable, l’espoir est bien
mince.

Cette fin de parcours traduit bien les difficultés rencontrées par les
précurseurs de la sécurisation du commerce électronique sur réseaux.
Ainsi, First Virtual Holdings, à la recherche actuellement de nouveaux
partenaires financiers, a perdu l’an dernier près de 16 millions de
dollars pour un chiffre d’affaires de 1,5 million de dollars. CyberCash,
pour sa part, a bien du mal à imposer sa solution de “portefeuille
électronique”.
Ayant adopté depuis un an le statut de société financière, Kleline
(filiale de Paribas) en France a renoncé à promouvoir Globe ID, sa
solution de sécurisation. Récemment, ce système “propriétaire” s’est
ouvert à d’autres standards de la concurrence, Kleline ne devenant ainsi
qu’un intégrateur de services et d’offres de paiement sécurisés.

Victime de la contre-attaque des banques dans le domaine du commerce
électronique, Digicash n’a pas su négocier ce virage.
En 1994, Digicasch promeut une solution logicielle iconoclaste baptisée
eCash. La cybermonnaie est stockée sur l’ordinateur du client. Le
commerçant qui l’accepte ne peut connaître l’identité de l’acheteur. Les
banques ayant rapidement vu le risque de désintermédiation que cette
démarche leur faisait courir, n’ont eu de cesse de combler leur retard. La
situation de Digicash a alors en quelques mois basculée. Ses accords avec
des banques européennes ne se sont pas concrétisés. Ainsi, 5 000 clients
on line de la Mark Twain Bank ne détenaient que 100 000 dollars d’eCash,
un véritable échec.
(L’Agefi 18/11/1998)

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