Piratage : les puces se verrouillent à distance

Par 12 mars 2008
Mots-clés : Smart city

Les vols et contrefaçons sont la cause de pertes annuelles de plusieurs milliards de dollars pour les constructeurs de puces. Parmi les solutions proposées : un système de protection à distance via un tag RFID.

La montée du piratage du matériel informatique oblige les entreprises à protéger non seulement leur hardware, mais aussi à garder secrètes les étapes de conception de leurs circuits intégrés. D'où la nécessité de renforcer la protection des puces. C'est en partant de ce constat que l'Université Rice a mis au point une technologie innovante qui permet de protéger les microprocesseurs à distance. Le système de protection proposé est le suivant : la puce est taggée avec un identifiant unique. On y intègre un logiciel qui permet au constructeur de la contrôler à distance en permanence et en ligne. Ce dernier peut ainsi l'activer ou la désactiver : tant qu'elle est verrouillée, elle s'avère inexploitable et infalsifiable pour un étranger. En effet, le fabricant est le seul à pouvoir la déchiffrer et ainsi la réactiver.
Des puces verrouillées à distance
"Notre projet est le premier à installer un système d'activation à distance qui protège les circuits intégrés contre le piratage en exploitant une variabilité qu'on ne peut copier", explique l'inventeur Farinaz Koushanfar. "Nous utilisons en effet des variations très légères pour créer une identification unique qui fonctionne comme une empreinte digitale pour chacune des puces." Ce n'est pas la première tentative de protection des microprocesseurs : d'autres méthodes - telles l'enregistrement des puces dans une base de données qui exige l'utilisation unique de l'ID, ou encore le tamponnement des puces avec un filigrane - ont été appliquées, mais ne se sont pas révélées infaillibles. Selon Rice, son système diffère des autres car c'est la puce elle-même qui contient la clef de sa protection, le tout contrôlé à distance. Et Koushanfar d'ajouter : "il n'y a aucun moyen de voler la puce puisqu'en fait elle n'existe pas tant qu'elle n'est pas réellement terminée, et une fois construite, seul le concepteur peut l'activer".
Des économies à la clef
Un dispositif destiné à réduire considérablement les pertes financières que les sociétés accusent à cause de la contrefaçon et du vol. "Le public a tendance à oublier le problème du piratage des hardware, et focalise à la place sur le problème beaucoup plus connu et médiatisé de contrefaçon des software ".  Or des experts en propriété intellectuelle qui se sont penchés sur les deux estiment que les pertes dues au piratage du matériel, dont les microprocesseurs, sont plus sévères que celles dues aux vols et copies de logiciels. Reste que selon Stanislas Odinot, chargé de communication chez Intel France "c'est une problématique peu traitée au sein du groupe. Nous mettons certes un point d'honneur à assurer une stricte traçabilité de nos microprocesseurs. Mais nous n'avons pas connu de problèmes de piratage depuis une bonne dizaine d'années."

L'Atelier BNP Paribas

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