Le pixel rend la caméra intelligente

Par 13 juin 2008 1 commentaire
Mots-clés : Smart city

Le projet Caviar développe une solution de télésurveillance qui reproduit la vision humaine. Le système sera capable de cibler les éléments qui l'intéressent et de s'adapter à des variables de luminosité et de mouvements.

Les évènements sportifs comme l'Euro 2008 attirent les foules. Une foule généralement placée sous la surveillance de caméras chargées de détecter tout problème de vol ou de violence. Reste que ces systèmes de protection sont encore limités : temps de réponse trop long, degré de précision parfois moyen. Pour pallier ce problème, le projet européen Caviar travaille sur un système de vision artificielle qui s'inspire du processus naturel de connectivité des neurones. Il reproduit le phénomène de "spike events" (ou évènement transitoire) qui survient dans un cerveau humain. Le but est de permettre à la machine d'obtenir une vision similaire à celle d'un individu. Et donc de cibler des éléments et de savoir s'adapter aux images filmées selon la luminosité, le nombre d'éléments présents, la vitesse de mouvements, etc. Intérêt : rendre les solutions de sécurité plus rapides, et donc plus efficaces. Ce, tout en consommant moins d'énergie et de ressources humaines.
Une télésurveillance plus fiable
Les systèmes de vidéosurveillance traditionnels considèrent en effet l'écran comme un cadre composé de pixels, qui doivent tous être traités en permanence, même si rien ne se passe. Résultat : seule une cinquantaine de cadres est traitée par seconde. Au contraire, Caviar rend chaque pixel indépendant, et apte à décider quand il veut envoyer de l'information. C'est-à-dire quand il a détecté du mouvement suspect ou reconnu un objet ou une personne. Chaque pixel, considéré comme un neurone humain, est ensuite capable de se connecter au système central pour transmettre l'information. Un processus qui permet de consommer moins d'énergie et d'obtenir des temps de réponse nettement meilleurs. Selon les chercheurs, le dispositif pourrait ainsi capter dix mille cadres par seconde. Autre avantage : le dispositif ne requiert pas de ressources informatiques importantes. "Notre système est capable de reconnaître et de suivre un objet grâce à ses 40 000 neurones artificiels sans une seule ligne de code", explique Tobi Delbruck, porte-parole du projet.
Pas de code
Pour mettre au point leur projet, les scientifiques ont dû développer des solutions de reconnaissance et de tracking. Ils ont également eu recours à la technologie USB2, qui permet au dispositif d'interagir avec l'ordinateur central qui gère les données. Huit de ces caméras ont été installées près d'un stade viennois, qui accueille plusieurs matchs de l'Euro 2008. Le dispositif, relié aux portillons de sécurité, sera capable de fermer automatiquement les portes dès que la foule sera trop importante. Des solutions d'assistance pour le conducteur sont également envisagées dans le domaine de l'automobile. Le dispositif donnant la possibilité de veiller à la tenue de route, par exemple. Autre application : en robotique. Ainsi, les chercheurs ont mis au point un gardien de but robotisé, Robogoalie, capable de repérer avec précision l'ensemble des éléments qui l'entourent.

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1 Commentaire

Application prometteuse. Cf les vidéos de démo sur leur site.

Soumis par vigineo (non vérifié) - le 16 juin 2008 à 05h47

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