Des plateformes communautaires encouragent le développement d’un management urbain participatif.

Par 21 octobre 2013 1 commentaire
Vers une démocratie épistémique?

Le développement d’outils digitaux d’interpellation citoyenne favorise l’émergence d’un nouveau modèle de démocratie urbaine.

A l’occasion de la présentation annuelle du FT/Citi Ingenuity Award in Action Award à San Francisco, plusieurs startups plaçant au cœur de leur projet des mécanismes simples et réplicables améliorant le mode de vie des citadins à travers le monde ont débatu d’un futur paradigme urbain. Parmi les finalistes, SeeClickFix propose aux citoyens des grandes villes américaines de détecter et signaler les défaillances urbaines aux autorités publiques grâce à une application mobile.  Développé en 2008 à New Haven pour sensibiliser les pouvoirs publics à la multiplication des graffitis, cette plateforme est devenue une interface mondiale collaborant directement avec les gouvernements locaux. En permettant aux citoyens d’exprimer leurs attentes, ce type d’initiatives renforce les mécanismes de contrôle des autorités publiques et esquisse un mode de gouvernance participatif.

Valoriser le savoir citoyen

SeeclickFix est disponible dans plus de 25.000 villes américaines et permet à ses citoyens de signaler aux pouvoirs publics des problèmes divers (détritus, éclairage public défectueux etc.) affectant le bien être de la communauté grâce à une application mobile et une plateforme en ligne. Dans un contexte de crise budgétaire et alors que les effets de la crise financière récente sont encore prégnants, ce type d’initiative vise à optimiser la qualité des services publics en les orientant directement vers les zones en difficulté sans forcément entrainer un coût de maintenance supplémentaire. Grâce à un système de géolocalisation, les utilisateurs alimentent une carte interactive recensant des nuisances, une alerte est alors immédiatement envoyée aux autorités locales. La plateforme a depuis mué en un espace hybride permettant également d’émettre des pétitions et d’organiser débats publics. L’entreprise met gratuitement à disposition des gouvernements locaux ses données et outils de collaboration et se développe également en Europe et Amérique Latine.

La responsabilisation croissante des pouvoirs publics

Cette pratique qui a conduit de nombreuses villes à prendre en compte très sérieusement les requêtes postées par les citoyens participe d’un mouvement d’ouverture du processus décisionnel au sein des gouvernements locaux. Imaginé à Porto Alegre, le mouvement de « budget participatif » s’étend à présent aux grandes villes américaines grâce à la pression de ces nouveaux outils de mobilisation, ainsi la ville de San Francisco a annoncé en Septembre 2013  le développement d’outils de vote en ligne et de délibération digitale pour démocratiser le vote du budget de la ville. Selon Hollie Russon Gilman, ancien conseiller à la Maison Blanche cet essai marque une nouvelle « frontière » pour la démocratie directe américaine. L’ouverture des procédures de décision publique associée à la multiplication des plateformes de reporting favorise l’émergence d’une « démocratie épistémique » selon les termes d’un chercheur de l’université de Yale, c’est à dire favorisant la production de savoirs issus directement des citoyens.  L’adoption de ces nouveaux modes de gouvernance a des effets tangibles, ainsi en intégrant les propositions des familles concernées la ville de Porto Alegre a réduit significativement la mortalité infantile.

 

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1 Commentaire

Plus près de chez nous, Betterstreet en Belgique est une appli iPhone permettant de signaler ce type de problèmes à sa commune par une simple photo géo localisée.

Soumis par Thierry Depuydt (non vérifié) - le 23 octobre 2013 à 21h01

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