Avec plus de 8 millions d’abonnés, la France rattrape ses voisins.

Par 20 août 1998

Selon l’Observatoire des systèmes de communication (OMSYC), un habitant sur quatorze dans le monde possédera un mobile en l’an 2000. Près d’un ménage sur deux est déjà équipé au Japon. En quelque mo...

Selon l’Observatoire des systèmes de communication (OMSYC), un habitant
sur quatorze dans le monde possédera un mobile en l’an 2000.
Près d’un ménage sur deux est déjà équipé au Japon. En quelque mois, le
nombre d’usagers en Chine a doublé, dépassant les 20 millions. Les 8
millions d’abonnés viennent d’être franchis en France, contre 6 millions
seulement en début d’année.
A coups de baisses des prix, de campagnes publicitaires, d’offres
promotionnelles, Itinéris, SFR et Bouygues Télécom se livrent sur le
marché français une concurrence féroce. Résultat, cet été, ils ont dû
faire face à un nombre important de nouveaux consommateurs séduits par ce
téléphone.
Le téléphone mobile arrivera-t-il à détrôner le bon vieux téléphone fixe?
Déjà cette tendance est observée au Portugal. En 1997, Portugal Telecom a
perdu plus de 100 000 abonnements au téléphone fixe alors que le mobile
engrangeait dans le même temps 1,5 million de clients.
Il faut reconnaître que les problèmes de saturation des réseaux, de
qualité des bandes et des prix en baisse régulière ne sont plus des
obstacles à son expansion, comme l’estime Didier Pouillot de l’IDATE “le
téléphone mobile a cessé d’être un phénomène de mode. Les effets
saisonniers du produit, dont les ventes explosent pendant les fêtes et à
la veille des vacances pour retomber en cours d’année, ont tendance à
s’estomper. C’est un produit mature de grande distribution”. Selon lui
“le match avec le téléphone fixe sera rude et arbitré par le revenu”.
Il estime que le budget annuel moyen d’un utilisateur de mobile en France
devrait passer de 3 600 F aujourd’hui à 3 000 F vers l’an 2000, ce qui
devrait “prolonger l’euphorie actuelle”.
Pour sa part, Thierry Verlynde, directeur des études à l’OMSYC, conclut
“aujourd’hui le fixe et le mobile sont complémentaires. La substitution
reste marginale. Pour que le mobile supplante le fixe, il faudra
premièrement que le coût soit identique, deuxièmement que les services
associés comme le fax ou le minitel soient aussi faciles d’utilisation,
enfin que les opérateurs aient trouvé les fréquences suffisantes pour
faire face à cette montée en charge du trafic”.
(Le Figaro 20/08/1998)

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