Plus de femmes dans l'informatique passe par l'abolition des stéréotypes

Par 04 juin 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
Plus de femmes dans l'informatique passe par l'abolition des stéréotypes

Pour encourager les femmes à se tourner vers des filières technologiques, il faut avant tout ne pas stigmatiser leur - encore - faible nombre.

Les études réalisées sur les femmes et l’informatique se concentrent souvent sur ce qui les éloigne du secteur plutôt que sur ce qui les attire. Partant de ce constat, Knut Holtan Sørensen, professeur à l'Université norvégienne de Science et de Technologie (NTNU), s'est penché sur les leviers qui amènent les femmes à utiliser puis à créer dans les TIC. Dans son livre Technologies de l'intégration : les genres dans la société de l'information, il revient ainsi sur plusieurs projets couronnés de succès et s'est penché sur les stratégies qu'ils mettaient en oeuvre. Première bonne pratique : il faut bannir les stéréotypes. Des entrevues avec des étudiantes en technologie informatique et de l'information menées dans le cadre de l'un des projets étudiés ont montré qu'elles ne pensent pas être différentes des hommes et souhaitent donc être appréciés pour leurs qualités individuelles. 

Comment motiver

«Si tout le monde affirme que les femmes n’aiment pas les ordinateurs, elles risquent de s’en convaincre» affirme Sørensen. Ensuite il faut montrer l’utilité et l’aspect divertissant de la technologie. Il prend l’exemple de «IT Beat», une initiative britannique qui associe musique pop et TIC. Elle a permis à 250 filles d’apprendre à concevoir page web, et page fan pour leurs groupes préférés. Une autre stratégie consiste à montrer que d’autres femmes travaillent déjà avec les TIC « Si suffisamment de femmes étudient les TIC, l'environnement sera moins dominé par les hommes, ce qui encouragera davantage de femmes à postuler pour ce secteur", explique t-il. Avant d'ajouter: "Il faut en fait réfléchir en termes de cercles positifs d’intégration : la globalité de ces mesures influe davantage que la somme de chaque mesure individuelle". Pour pouvoir donner ces conclusions, le chercheur s'est penché sur des projets comme celui, mené par l'université norvégienne des sciences et technologies (NTNU) pour laquelle il travaille, et baptisé "Projet informatique des femmes". Désormais permanent, il a contribué lors de son lancement en 1997 à accroître la proportion d’étudiantes inscrites en informatique de 6% à 38% en un an. 

Informer et impliquer

Il a consisté à mettre d'abord en place des campagnes d'information afin de contredire l’idée selon laquelle les femmes n’ont pas l’expertise ou la motivation pour travailler dans les TIC. Par ailleurs, l’université a introduit des quotas par sexe, créé un laboratoire informatique pour les femmes et aménagé divers cours à destination des étudiantes. En outre, des rencontres avec des femmes travaillant dans le secteur des TIC ont été organisées. De même que ces femmes ont également été invitées à faire des présentations dans des lycées notamment lors de la journée de la femme. Le professeur a également pu mener des enquêtes dans le cadre du projet SIGIS (Strategies for Inclusion of Gender in the Information Society). Développé par l’Union Européenne, ce programme porte sur l’usage des TIC dans le travail et le quotidien. 

 

 

 

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