Plus de latences dans les centres de données boursiers !

Par 24 août 2009

Les routeurs qui contrôlent les opérations de courtage sont source de latences extrêmement coûteuses. Un système permet d'identifier ces délais jusqu'à quelques millionièmes de secondes.

Dans les réseaux des centres de donnée, il est désormais possible d’identifier et d’éliminer la source de microretards. L'élimination de latences de quelques dizaines de microsecondes* a des conséquences très concrètes pour les banques d’investissement. Les traders sont en effet assistés de logiciels programmés pour répondre automatiquement aux variations de cours. Pour qu'elle soit efficace, il faut que l'infrastructure informatique ait une très bonne vitesse de réaction : des millions d’euros peuvent ainsi être gagnés pour le premier à acheter des actions bon marché provenant d’une place boursière donnée. Gagner quelques centaines de microsecondes peut donc s’avérer extrêmement profitable. Les liens réseaux entre les banques d’investissement et les grandes places boursières sont déjà parfaitement optimisés et contrôlés.
Les routeurs en cause
Par contre cela s’avère plus difficile et plus coûteux pour les routeurs à l’intérieur même des centres de données des banques d’investissement. Ceux là même qui contrôlent les opérations automatisées d’achat et de ventes d’actions. "Les routeurs actuels ne sont pas capable de repérer les retards qui les parcourent à une échelle de quelques microsecondes", explique Alew Snoeren, professeur en sciences informatiques à l’université de San Diego, qui a participé aux travaux avec des chercheurs de l'université de Purdue. "Pour compenser ce manque, les places boursières comme Londres utilisent une boîte externe pour traquer les retards d’exécution à divers points du centre de données réseau". La méthode habituelle pour identifier une latence consiste à calculer le temps que met chaque paquet de données pour parcourir un routeur sur une période de temps fixée.
Une méthode simple et peu coûteuse
Puis d’en faire une moyenne. Le problème c’est qu’un routeur standard peut traiter 50 millions de paquets par seconde, et garder une trace de tous ces départs et arrivées s’avère extrêmement complexe. Sans compter le fait qu’il arrive régulièrement que des paquets se perdent dans le routeur, rendant impossible tout méthode de calcul groupé. La méthode élaborée par l’équipe de chercheurs fait fi de cette difficulté. Leur système divise aléatoirement les paquets entrants en groupes pour lesquels ils effectuent un calcul unique. Tant que le nombre de groupes est supérieur au nombre de paquets perdus, au moins un des groupes fournira une estimation acceptable. Le système pourrait à terme être intégré aux routeurs pour un coût minimal, et cela sans en altérer la performance. 
* 1 microseconde = 1 millionième de seconde

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