Les PME et ETI françaises, une exception européenne grâce aux investissements en R&D ?

Par 18 mars 2013 1 commentaire
R&D

Heurtées de plein fouet par la crise, les PME et ETI françaises s'en sortent assez bien grâce aux investissement en R&D et à l'adoption du modèle innovation/exportation vu comme une véritable stratégie anti-crise.

Face à la crise mondiale, un grand nombre d'entreprises a dû mettre la clef sous la porte ces dernières années. Parmi elles, une majorité de petites entreprises qui, à l'inverse des grosses, n'ont pas pu faire face. Aujourd'hui, les PME (petites et moyennes entreprises) et les ETI (entreprises de taille intermédiaire) françaises s'en sortent assez bien d'après le 8ème rapport de l’Observatoire des PME d’OSEO. Une réussite qui est due à plusieurs facteurs: d'une part à la hausse des investissements dans la recherche et le développement (R&D) qui distinguent la France des autres pays de l'Union européenne, d'autre part à l'adoption du modèle innovation/exportation qui permet aux entreprises innovantes d'afficher un optimisme rare. Enfin, on découvre un capital-investissement record Europe en nombre d'entreprise (près de 10 milliards d'euros investis dans 1700 PME et ETI).


Le cas à part de la France

Si la France semble bien s'en sortir, c'est en partie grâce aux entreprises à forte croissance qui échappent aux modèles économiques classiques. En effet, pour équilibrer leur bilan, celles-ci privilégient l'autofinancement et les investisseurs privés aux marchés. Recrutée majoritairement parmi les startup, cette élite se reconnaît à la valorisation du capital humain et à un investissement dans le couple innovation/exportation. Celui-ci serait par ailleurs vu comme une véritable stratégie anti-crise. Enfin, chiffré à 2,24 % du PIB en 2010, l’effort national privé et public en R&D et dans le domaine de l'innovation demeure supérieur à celui des pays les plus dynamiques et dépasse le niveau moyen de l’Union européenne. Toutefois, suivant le secteur d'activités où elles se trouvent, les 131 000 PME, et les 4 600 ETI qui composent la France connaissent des situations très contrastées.


Une situation difficile qui s'améliore...

Majoritairement présentes dans le secteur du commerce pour les premières, et principalement présentes dans l'industrie pour les secondes, ces entreprises résistent tant bien que mal au contexte économique défavorable (l'emploi salarié n'a augmenté que de 0,5%), et à la baisse des créations d'entreprises (-12% en 2011). Toutefois, même si les PME ne contribuent que faiblement au volume R&D, elles sont de plus en plus nombreuses à s'engager dans une démarche d'innovation, en particulier dans les services de l'industrie. Toutefois, les moyens modestes mobilisés par les jeunes sociétés pourraient s’avérer être un handicap à leur future croissance. L'avenir des PME se situe peut-être dans la solidarité publique qui, comme l'explique Clémence Patureau (HEC), « génère une solvabilité improbable dans des marchés pour le moins inhabituels. »

Haut de page

1 Commentaire

"L’effort national privé et public en R&D et dans le domaine de l'innovation demeure supérieur à celui des pays les plus dynamiques" ??
Les investissements R&D en France étaient de 2,2% en 2012, contre 2,8% en Allemagne, 3,5% au Japon, 3,4% en Corée du Sud, 2,7% aux US (chiffres OCDE)... donc largement inférieurs.

Si on compare maintenant la part du privé et du public, ce sont justement les investissements privés qui semblent insuffisants : ils représentent 50% des investissements R&D en France, contre 67% en Allemagne, 75% au Japon, 73% en Corée du Sud, 60% aux États-Unis... Si notre investissement dans la recherche publique est remarquable, les grandes entreprises investissent trop peu et ce malgré un système de crédits d'impot R&D des plus avantageux au monde...

Vivement que nos startups les réveillent et bousculent leurs modèles économiques....

Soumis par gdesalins_0 - le 19 mars 2013 à 16h41

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas