La politesse 2.0, kézako ?

Par 07 janvier 2011
hyperconnexion impolie

Interrogation sur l'hyperconnexion et les nouvelles formes de courtoisie

Merci à toi, L’Atelier, d'être à l’origine de mon addiction aux smartphones et autres joyeusetés chronophages. Mais aussi de mon impolitesse grandissante, grâce à ce prolongement de mon bras qu’est devenu l’iPhone.
Ainsi, au Nouvel An, après minuit, je suis restée scotchée à mon téléphone, à envoyer en masse vœux, par SMS – comme tout le monde mais aussi par réseaux sociaux. Autant dire que j'y ai passé 3 bons quarts d'heure.
Plus tôt, à l’heure du déjeuner, nous n’avions même pas commandé que je demandais le nom du restau… pour pouvoir me checker.
Au cours du repas, l’amie évoque un film obscur dont le nom du réalisateur lui échappe, paf, téléphone dégainé pour trouver.
Sorties du restaurant, recherchant le chemin d’un point A à B, c’est parti pour dix minutes, les yeux rivés sur le GPS.
Bouh, la malpolie.

C’est bien simple – j’ai l’impression que cet appareil est en train d’accompagner le moindre geste dit « social ». En nuisant un peu au passage aux règles de politesse et de sociabilité traditionnelles, héritées de la « société de cour ».

Tout en concourant à plus de spontanéité. Plus d’efficacité ?

L’efficacité, le gain de temps, c’est sûrement l’idée à l’origine de cette nouvelle plateforme qu’est Storific.
Storific est une application censée épargner râleries et attente inutiles en restaurant ou bar. Pour faire simple, grâce à cette solution, à coups de clic, l’utilisateur consulte le menu puis passe commande. Elle est ensuite acheminée directement en cuisine, via une application, du côté client et une interface côté restaurateur.

Et pareillement, quelques secondes suffisent pour régler à la fin l’addition grâce à son smartphone. Tout ça sans interaction avec le service du restaurant.
Avec les "vrais" gens.

L’idée est bonne mais encore une fois, elle est à l’image de cette nouvelle forme de sociabilité créée par l’hyperconnexion.
A la fois, place à l’efficacité mais bizarrement, pour être plus réactif, plus "social", on enlève une couche de politesse.

Et si tout ça allait créer de nouvelles manières de ressentir la courtoisie ?

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas