Politique : le web n'est pas un canal d'influence plus important qu'un autre

Par 15 juin 2012 Laisser un commentaire
Vote

Le citoyen indécis qui parcourt les sites et blogs personnels des candidats ne va pas voir son choix particulièrement influencé.

L'expression des candidats sur un site ou des blogs sur le web n'influencerait pas le choix des votants, même ceux qui utiliseraient Internet comme source principale d'information. C'est une des conclusions issues d'une étude menée par des chercheurs de la Baylor University, au Texas. En effet, ces derniers se sont intéressés à la teneur - positive ou négative - des messages diffusés par les candidats aux primaires républicaines et démocrates de 2007 sur leur site de campagne, et à leur impact sur l'opinion. Pour ce faire, ils ont étudié ces écrits, qu'ils ont mis en perspective grâce à deux sondages* d'opinion permettant de connaître la position de chaque candidat - challenger ou leader. Cela leur a permis de comprendre que quelle que soit la position, aucun candidat n'avait plus tendance que l'autre à attaquer ses opposants sur ses caractéristiques personnelles via son site en ligne. Par exemple, Hillary Clinton, la candidate leader dénombrait 18 publications de ce type, contre 17 et  24 pour Barack Obama et John Edwards, ses opposants démocrates challengers.

Une co-influence

Un constat que ne nie pas Laurence Allard, co-auteur du rapport Le nouveau rapport à la politique du citoyen connecté à l'heure du numérique**. En effet, "les citoyens utilisent une panoplie transmédiatique, et notamment Internet, dans l'objectif d'approfondir les informations qu'ils auraient obtenues sur d'autres canaux, et non sur un seul site de manière univoque, directe et monocanale", explique t-elle. Et d'ajouter : "L'information politique s'inscrit dans une dynamique sociale d'échange et de conversation également sur Internet, par exemple par le commentaire et le transfert d'informations, rendant les citoyens plus ouverts et curieux et non soumis simplement à des clivages idéologiques".

Internet rend le citoyen plus ouvert

Pour elle, lorsque que quelqu'un sait pour qui il va voter, il peut décider de se concentrer sur un média alors que lorsqu'il est indécis, il a tendance à utiliser plusieurs canaux et à regarder tous les programmes des candidats. Dernier fait issu de l'étude, enfin, les candidats challengers sont plus enclins à recourir à une campagne ou un ton négatif sur leur site de campagne - conflit ou langage agressif - que les candidats pressentis pour être les favoris. Par exemple, seuls 3% des informations publiées sur le site de Clinton incluaient un ton négatif et se concentraient d'abord sur la santé alors que 32% des informations du site de Edwards étaient négatives, se concentrant principalement sur la guerre en Irak.

* Quinnipiac University's Swing State Poll & Newsweek Poll conducted by Princeton Survey Research Associates International

**Rapport rédigé avec Joëlle Menrath, chercheuse chez Discours & Pratiques. Laurence Allard est aussi maîtresse de conférence à Lille 3 en sciences de la communication, et chercheuse associée à la Sorbonne nouvelle Paris 3.

Haut de page

Vos commentaires

(If you're a human, don't change the following field)
Your first name.
(If you're a human, don't change the following field)
Your first name.
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Aucune balise HTML autorisée
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

En soumettant ce formulaire, vous acceptez la politique de confidentialité de Mollom.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas