Le porte-monnaie électronique (PME) universel et interbancaire français

Par 18 juin 1997

devrait être lancé au printemps 1998. Le conseil d'administration du Groupement des cartes bancaires a nommé, vendredi 13 juin, Robert Luginbuhl, directeur du projet PME. Directeur à la Société Géné...

devrait être lancé au printemps 1998. Le conseil d'administration du
Groupement des cartes bancaires a nommé, vendredi 13 juin, Robert
Luginbuhl, directeur du projet PME. Directeur à la Société Générale, cet
homme est un spécialiste des moyens de paiement. Ce porte-monnaie devrait
être lancé au printemps 1998 en France, la Coupe du Monde de Football de
juin et juillet 1998 devant servir à le promouvoir. Parmi les premiers
expérimentateurs, on pourrait trouver la RATP et la SNCF. Ces deux
sociétés testent déjà la carte à puce sans contact Francile auprès de 1
000 usagers de la région parisienne. Progressivement, le projet du
groupement cartes bancaires permettra d'étendre la validité de ce
porte-monnaie dédié au transport à l'ensemble des paiements inférieurs à
100 F. Semblable aux télécartes utilisées pour le téléphone, ce PME
rechargeable remplacera dans les transactions inférieures à 100 F pièces
et billets. Pour accepter les PME, les 25 000 distributeurs automatiques
de billets (DAB) actuels devront subir une adaptation. Les publiphones de
France Télécom pourront aussi devenir des points de rechargement. En
cumulant les petites sommes, ce système évite la multiplication des frais,
mais des investissements considérables de la part des banques seront
nécessaires pour installer de nouveaux distributeurs de monnaie
électronique (Dame) et des terminaux chez les commerçants ou dans les
appareils automatiques (boissons, journaux ...). Les banques ont donc
décidé de faire payer le service PME, sans avoir pour l'instant arrêté les
modalités. Les banques étant favorables à un partage du prélèvement,
commerçants et consommateurs seront sûrement mis à contribution.
Déjà en France, les cartes à puce spécialisées se sont imposées (téléphone
publique par exemple). Dans les entreprises, professions, magasins, les
PME privés se multiplient. Il ne restait plus qu'à créer un PME universel
utilisable partout et interbancaire pour faciliter son chargement.
Aucune trace personnalisée des transactions que le PME permet de réaliser
ne subsiste. Le commerçant crédite son compte d'une somme dont il ne
fournit pas l'origine. La banque perd ainsi le contrôle des transactions.
Seuls deux points de vérification sont conservés par la
banque : le chargement du PME par le porteur et le déchargement de la
caisse virtuelle du commerçant, la seconde somme devant rester inférieure
à la première.
Pays précurseur en matière d'échanges financiers virtuels, aujourd'hui en
France, 15 % seulement des 1 700 milliards de F de la masse monétaire
française reste de nature fiduciaire (billets et pièces) contre 30 % aux
Etats-Unis, en Allemagne ou au Japon.
Les Français sont donc particulièrement confiants envers les banques et
leurs outils de paiement, ce qui laisse présager un bel avenir pour le PME
universel.
(Le Monde - L'Agefi - 18/06/1997)

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