Le portefeuille mobile tracasse encore les consommateurs

Par 24 février 2010

Les risques liés à la sécurité et à la confidentialité des données rendent les individus frileux quant à l'utilisation de leur mobile comme porte-monnaie. Une situation notamment due à un manque d'habitude dans l'usage.

L’utilisation des téléphones comme moyen de paiement provoque encore de la réticence de la part de leurs propriétaires, affirme Esther Swilley de l’université d’état du Kansas dans une étude qu'elle s'apprête à publier. Selon elle, les consommateurs n’ont pas envie de rentrer des informations sensibles comme leur numéro de compte bancaire et leurs identifiants dans un appareil qui peut facilement s’oublier dans une voiture ou glisser entre les coussins d’un fauteuil. "Les problèmes de sécurité et de confidentialité des données personnelles s’avèrent avoir un impact négatif sur la perception de ces services", explique-t-elle à L’Atelier. "Par ailleurs, les résultats de nos recherches indiquent que les consommateurs ne voient pas non plus l’intérêt du portefeuille mobile".
Billets d’avions et tickets de cinéma sur mobile
Pour le professeur de marketing, les individus accepteront plus volontiers d’utiliser leur téléphone pour y stocker un billet d’avion ou de cinéma. "Avec un ticket de cinéma, il suffit de passer le téléphone à la borne. C’est simple et il n’y a pas besoin d’y penser", explique Esther Swilley. "Si le téléphone est volé, vous seriez furieux mais vos identifiants seraient à l’abri". Pour autant, cette situation ne durera pas éternellement. "La situation pourrait être similaire à ce qui s’est passé pour le four micro-ondes, pour l’instant les consommateurs sont satisfaits avec les téléphones actuels", argumente-t-elle. Mais avec l'habitude de consommer des services comme la réception de billet virtuel, de nouveaux besoins émergeront.
Une acceptation qui prendra du temps
Pour le professeur du Middle West, il faut regarder du côté de l’Asie pour s’en rendre compte. "La plupart des technologies mobiles démarrent en Asie", explique-t-elle. "Or, quand les portefeuilles mobiles ont été lancés au Japon ils n’ont pas fonctionné". Et de poursuivre : "Les constructeurs doivent le comprendre et déterminer la meilleur offre et la cible spécifique de cette technologie". La sécurité constituant le plus grand obstacle à l’adoption de ces services, c’est sur ce point que devront se concentrer les efforts des développeurs et des marketeurs. Les résultats de l’étude réalisée par Esther Swilley seront publiés dans l’édition d’avril du Journal of Consumer Marketing.

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