[Portrait d’innovateur] Stanislaw Ostoja-Starzewski mise sur les nanosatellites pour connecter le monde à prix abordable

Par 09 avril 2014 2 commentaires
Stanislaw Ostoja-Starzewski

Rencontre avec Stanislaw Ostoja-Starzewski, à l’occasion de sa sélection au concours MIT TR35, dont L’Atelier est partenaire. L’ingénieur diplômé de l’INSA Lyon est fasciné par l’espace, et crée des solutions disruptives autour des nanosatellites pour apporter des moyens de communication à moindre coût avec son entreprise NovaNano.

Un innovateur ? Oui et un passionné de l’espace depuis le plus jeune âge. "Les aventures des astronautes, l’exploration de la lune, ça me passionnait déjà quand j’avais 5 ans nous confie Stanislaw, 29 ans. Lors de ses études à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA Lyon), il est membre d’un club universitaire et crée alors ses premières fusées expérimentales atteignant jusqu’à 3m. Il a aussi l’occasion de participer à une campagne de lancement de fusée avec l’agence spatiale française, le CNES, et se conforte dans l’idée de travailler dans ce domaine. Au cours de ses études, il fait la rencontre de Spas Balinov. En plus de leur liens d’amitié, ils décident de monter ensemble NovaNano à la fin de leurs études, en 2009.

L’idée disruptive ? Construire des satellites de taille miniature dotés de récepteurs pour apporter des moyens de communication partout dans le monde, même dans les zones géographiques les plus reculées. Leur nanosatellite NovaSat est une plateforme qui permet d’utiliser des ressources spatiales et d’avoir une présence dans l’espace mais au-delà de ça, "chaque satellite doit avoir une fonction, ça peut être l’observation de la Terre, l’écoute ou bien les moyens de communication, et ça, c’est la voie que nous avons choisi" explique Stanislaw. Les ingénieurs travaillent avec des experts en télécommunication et ont combiné les deux technologies pour créer leur business model autour de la connectivité mondiale. "On a senti avec Spas que quelque chose de réellement disruptif va se passer dans les prochaines années. Ça relevait un peu d’un moment historique pour nous", explique Stanislaw au sujet des nanosatellites. "C’est un vecteur qui va apporter de nouvelles applications et qui va créer une disruption au niveau des coûts, par rapport aux services déjà apportés aujourd’hui."

Pourquoi s’intéresser aux nanosatellites ? Lors de ses expériences en stage ou en échange, Stanislaw s’est rendu compte que des satellites miniaturisées se développaient en milieu universitaire mais restaient encore au stade de concept expérimental. "Les systèmes étaient déjà lancés depuis les années 2000 mais ils ne fonctionnaient pas tout à fait, les performances et la qualité n’étaient pas encore au rendez-vous. Les universités n’ont pas les moyens industriels pour mener à bien ce type de projets. On y a donc vu une opportunité." Réalisant que la construction de nanosatellites était un domaine qui pouvait en attirer plus d’un, les deux compères se sont lancés dans l’aventure. "Suite à la miniaturisation des technologies de l’électronique, due notamment à la loi de Moore (ndlr : postulat sur la croissance du matériel informatique et l’évolution de la puissance des ordinateurs), aujourd’hui on arrive à créer des satellites suffisamment petits (moins de 50kg) pour être lancés en passager auxiliaire, sorte de covoiturage de satellites. C’est suffisamment peu coûteux au développement pour que ce soit possible pour une startup de se lancer dans le business." En effet, les projets spatiaux sont majoritairement régis par l’Etat, et NovaNano, en tant que startup et PME, peut se féliciter d’avoir accès à des financements pour mettre en place et envoyer des satellites dans l’espace. "Avant, le spatial était réservé aux grands industriels qui se nourrissaient de contrats d’Etat."

Pourquoi ça nous impacte ? "Aujourd’hui, deux tiers de la population mondiale n’est pas reliée au réseau Internet. Il y a donc un manque de connectivité et de communication qui impacte les capacités de développement de ces personnes et l’activité économique dans ces zones géographiques." Avec NovaNano, Stanislaw entend connecter le plus de zones géographiques possibles à un coût abordable. Le principe d’un satellite est de tourner en orbite autour de la Terre pour apporter une couverture globale. C’est donc cette capacité à pouvoir accéder à n’importe quel lieu dans le monde et à échanger des informations avec ces zones éloignées de tout réseau traditionnel qui va impacter les sociétés.

Et à l’avenir ? L’entreprise va entamer la phase pilote qui consiste à faire une démonstration du système complet à partir de juillet 2014. Elle compte envoyer deux satellites de démonstration et évaluer leur fonctionnement en orbite. Le test se fera avec certains clients qui vont aider à la mise en place du système et à son perfectionnement. Actuellement en phase de levée de fonds, NovaNano espère atteindre un financement de 2,5 millions d’euros et est en période de discussion avec des acteurs industriels et financiers.

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2 Commentaires

il n'y pas vraiment d'innovation
l'idée des micro-nano satellites n'est pas neuve
je ne vois pas pourquoi un jeunot de 29 ans reussirait la ou il faut des vieux singes pour arriver.
Le jeunisme , tres mode depuis 20 ans , n'est pas un gage de succes, à part dans l'internet .
Quand les financiers vont ils miser sur des gens d'experience ?

Soumis par joseph (non vérifié) - le 10 avril 2014 à 08h24

Si l'idée est ancienne c'est qu'elle était portée par des jeunes! Et s'il y a des seniors qui ont un esprit jeune c'est quand même les jeunes qui en majorité osent innover car ils ont encore des rêves. La place du senior est essentielle pour permettre à ces rêves d'éclore par le financement, la confiance et l'expertise accumulée avec l'expérience. N'empêche ce sont des (pas les) jeunes qui sont le moteur de l'innovation. Il suffit de voir tous ces trentenaires qui transforment notre société. J'étais au forum Netexplo et sur la scène on voyait des "jeunes" en majorité de moins de 35 ans présenter leurs applis et dans la salle des plus de 45 ans!

Soumis par Marc Guichard (non vérifié) - le 10 avril 2014 à 10h19

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