[Portrait d'innovateur] Tariq Krim aide l'utilisateur à maîtriser sa vie numérique

Par 16 mai 2014 2 commentaires
Tariq Krim

L'actuel vice-président écosystème et innovation au Conseil National du Numérique se présente comme un "entrepreneur de l'internet". Depuis 2005, Tariq Krim s'attache à simplifier les expériences des utilisateurs dans leurs vies numériques. Les startups qu'il a fondées connaissent un retentissement international.

Un innovateur ?

Tariq Krim a grandi à Paris. Après des études de physique à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) et à l'Ecole nationale supérieure des télécommunications, il est entré dans la vie active en faisant du journalisme. Son travail l'a mené aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley, où s'est révélé son amour pour la technologie. "Là-bas, il s'agit d'une véritable industrie".  Puisque l'informatique l'attire depuis toujours, il décide de lancer un business qui repose sur les nouvelles technologies. En 1999, alors qu'Internet n'en est qu'à ses débuts, il créé donc à San Francisco son premier site consacré à la musique en ligne. Le site se transforme rapidement en blog spécialisé dans la technologie. Cet instinct de précurseur, Tariq Krim l'a développé aux Etats-Unis "Là bas, c'est bien d’avoir quelques années d’avance. Cela donne le temps de réfléchir, de construire, et aussi de se tromper dans l'invention d'un nouveau marché. Alors qu’en France, on a tendance à être beaucoup plus opportuniste et un peu plus suiveur sur certaines technologies.” Intuitif, Tariq sent de quel côté souffle la technologie.  “J'ai voulu saisir cette intuition pour me mettre au service des utilisateurs de technologies." Fier de son parcours, il se définit comme un "artisan de la technologie" et considère qu’avoir côtoyé ces différentes cultures lui a conféré une force particulière pour s'imposer dans ce milieu. De cet esprit, sont nées deux startups. 
 

L'idée disruptive:

Le credo de Tariq Krim? Faciliter l’accès aux données. Alors que le concept de curation émergeait à peine, Tariq Krim a fondé en 2005 la startup Netvibes. "Mon objectif principal était de faciliter et d'accélérer l'accès à la technologie. Or, à ce moment-là, on pressentait qu’une explosion d’informations surviendrait, qu’on allait être submergé par les blogs, et toutes sortes d'autres sources d’informations." Avec Netvibes, on bénéfice à tout moment d'un accès simplifié aux informations dont on a besoin, grâce à la personnalisation selon les centres d'intérêts, et les affinités avec certaines sources d'information. L'outil proposé sur le site internet permet à tout un chacun d'être son propre curator, de sélectionner les sujets qui l'intéressent sans être submergé par le flux continu d'informations qui se déverse sur Internet. 
 

Pourquoi s'y intéresser ?

Dans ses initiatives, Tariq Krim reste focalisé sur l'expérience utilisateur. C'est cet idéal d'empowerment des individus qui l'a mené à créer une seconde start-up en 2009, fondée quant à elle sur l'agrégation de contenus générés par l'utilisateur lui-même : "En voyageant au Japon, j’ai découvert que tout le monde était connecté tout le temps via les mobiles, qui y étaient beaucoup plus développés qu’en Europe. J'ai donc voulu créer l’interface qui permettrait d’organiser et d’avoir accès simplement à sa vie en ligne, à ce qu’on appelle aujourd'hui le cloud.". Jolicloud est né de cette volonté.
 

En quoi ça nous impacte ?

Jolicloud répond à un besoin fort de la population connectée : une possibilité d'accéder à toutes ses données depuis une seule interface et de n'importe où, et assurer ainsi une vision globale de "sa vie sur internet". Dans un contexte où le public est parfois amené à se demander si la technologie le sert ou l'asservit, Tariq Krim redonne aux utilisateurs le pouvoir et leur permet de contrôler leurs données.
 

Et à l'avenir ?

"Il apparaît finalement aujourd'hui que le cloud n'est qu’une petite partie de la vie numérique. Ce qu’on appelle l’Internet connecté va bien plus loin, notamment avec l’Internet des objets qu'on retrouve à la maison, dans sa voiture, qu'on utilise pour surveiller sa santé, etc. Autant de moyens pour les grands acteurs de récolter des données." Or, Tariq Krim trouve malheureux que les propriétaires de ces données, les utilisateurs eux-mêmes, soient en quelques sortes dépossédés de leurs informations. "Ce qu’on souhaite, c'est permettre aux gens d’avoir accès à ces données, qu'ils puissent reconstruire l’entièreté de leur vie numérique pour mieux l'appréhender, et la préserver. C'est ce qu’on essaie de faire avec Jolicloud."

Haut de page

2 Commentaires

Vous n'indiquez pas dans l'article que l'utilisateur donne accès à jolicloud via facebook ou google à ses contacts. Quel rapport avec les centres d'intérêt ? Encore de l'intrusion dans la vie privée. L'inverse est dit dans l'article. Dommage, j'étais intéressée par le concept.

Soumis par Brigitte Barberousse (non vérifié) - le 19 mai 2014 à 09h09

"et un peu plus suiveur sur certaines technologies" : Tous ceux qui ne bougent pas tant qu'on ne leur a pas rapporté la "bonne idée qui marche déjà" et qu'ils voudraient juste pouvoir copier pour réussir sont responsables des 1.5, 3, 5, 10, 15, 20... ans de retard de la France sur les Etats-Unis car cette façon de (non) manager l'innovation est juste une excellente méthode pour prendre du retard. Or c'est la norme chez nous, avec heureusement des exceptions et déviances...

Soumis par Ph@Atelier (non vérifié) - le 28 juillet 2014 à 08h50

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas