Les postes occidentales ne veulent pas se laisser distancer par le courrier électronique.

Par 27 juin 1999

Actuellement, l'utilisation du courrier électronique est limitée à l'envoi de messages à caractère informel entre les 200 millions d'internautes recensés dans le monde. Toutefois, ce courrier élec...

Actuellement, l'utilisation du courrier électronique est limitée à l'envoi
de messages à caractère informel entre les 200 millions d'internautes
recensés dans le monde.
Toutefois, ce courrier électronique souffre de trois handicaps : le chemin
parcouru par les courrier est aléatoire, la confidentialité du contenu
n'est pas assurée et sa "traçabilité" est nulle.
Voulant profiter du capital confiance dont elles bénéficient, les postes
nationales veulent offrir une formule d'envoi sécurisée et "traçable" sur
internet.
Ainsi, depuis plusieurs mois, la Poste française, CanadaPost et l'US
Postal expérimentent en commun un service sécurisé d'envoi de documents
sur le Net, baptisé PostECS. Ce système repose sur une solution technique
développée par Tumbleweed, une start-up américaine. Le 22 juin dernier,
les postes canadienne, française, américaine et l'International Postal
Corporation (IPC), regroupant 167postes nationales à travers le monde, ont
signé un accord avec Tumbleweed.
Cet accord permettra de passer de la phase expérimentale à la phase du
développement au cours de l'an prochain.
Selon le contrat, les trois organismes l'utiliseront pour leur propre
compte et commercialiseront aussi ce logiciel auprès d'autres postes
nationales. Suivant toute l'opération, l'IPC, installée à Bruxelles,
informera tous ses membres de l'intérêt de cette solution.
Des tests sévères ont été effectués par les trois postes pour éprouver la
fiabilité, la discrétion et la sécurité du système.
Vice-président international de Tumbleweed Sofware, Donald Taylor,
explique "grâce à lui, il sera possible d'envoyer l'équivalent d'un
Chronopost via l'Internet à un coût nettement moins élevé. L'envoyeur
verra sur son micro-ordinateur si le document a été reçu par le
destinataire". A cette solution, les trois postes ont ajouté un système
d'horodatage électronique équivalent du fameux cachet de la poste "faisant
foi". Chargé des projets à la direction du développement et des nouveaux
services de La Poste, Arnaud Lucaussy estime "le système PostECS allie la
rapidité de l'e-mail et la sécurité du système postier".
Les entreprises pourront envoyer leurs contrats ou leurs factures grâce à
ce système, les banques pourront adresser les relevés de comptes à leurs
clients et les grandes entreprises pourront personnaliser leurs courriers
publicitaires.
Pour l'instant, aux Etats-Unis, on constate, malgré la généralisation de
l'e-mail, une progression annuelle de 4 % du courrier postal.
Bien qu'Internet n'ait pas encore remplacé la traditionnelle enveloppe, il
espère bien détrôner le timbre. Depuis 1996, l'US Postal a ainsi lancé aux
Etats-Unis un important programme d'émission de timbres électroniques,
baptisé IBIP. Très complexe, ce timbre est composé de 250 caractères
différents le rendant infalsifiable.
Plusieurs sociétés se sont lancées dans la course, comme E-Stamp, financée
par Microsoft et ATT, Stamp.com ou bien encore l'américain Pitney Bowes
(numéro un mondial) et le français Neopost.
D'ici à la fin de l'année, US Postal devrait qualifier ces expériences
pour en autoriser la commercialisation.
(Le Monde - 26/06/1999)

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