Pouvoir paramétrer ses données encourage leur diffusion en plus grand nombre

Par 07 mars 2013
Diffusion

La mise en place de solutions de gestion de l'accès à ses informations personnelles aurait encouragé les individus à plus diffuser, mais à moins de gens. Mais certains acteurs tiers profitent eux de ces données, sans que cela corresponde forcément aux attentes des internautes.

Laisser aux utilisateurs d’un réseau social un plus grand accès à leurs paramètres de confidentialité augmente certes leur sentiment de contrôle de leurs données personnelles. Toutefois une étude menée par la Carnegie Mellon University, montre que cela a finalement pour conséquence d’augmenter la divulgation de ces données sensibles à des "étrangers" - membres avec lesquels ils ne sont pas connectés sur la plate-forme. Pour réaliser cette étude, l’université s’est intéressée à un panel constitué de membres ayant créé un compte sur le site dès son lancement, et est ainsi la première à utiliser des données remontant jusqu’à 2005. Elle met en lumière le challenge auquel font face les utilisateurs de réseaux sociaux dans leur tentative de management de vie privée en ligne et l’influence des fournisseurs de médias sociaux sur le changement de comportement des utilisateurs au fil du temps.

Des utilisateurs de plus en plus attentifs à la protection de leur vie privée…

Au lancement de Facebook, quand les profils n’étaient visibles que par les personnes inscrites sur le réseau social, 70% des membres partageaient des informations personnelles du type date de naissance, université fréquentée, ou encore ville de résidence. Puis, de 2005 à 2009, le partage de ces données, notamment de contact a connu une forte décroissance. Ainsi, seuls 12% des membres partageaient leur adresse, et 33% leur numéro de téléphone. Les années passant et le nombre de membres grandissant de manière exponentielle, les internautes ont progressivement limité le partage public de leurs données. Car ils prennent conscience que partager des données personnelles en ligne implique des risques : par exemple en partageant publiquement sa ville de naissance et sa date de naissance, un internaute pourrait se voir voler son numéro de sécurité sociale. Les membres, plus soucieux de la protection de leur vie privée, limitent également le partage de données concernant leurs centres d’intérêt (musique, films,..).

… Mais les mécanismes de consentement de partage de données sont limités

Un renversement de tendance est observé avec l’arrivée en 2009-2010 de la nouvelle interface de Facebook, accompagnée d’une modification de sa politique de vie privée et de ses paramètres par défaut. Cela a entraîné une augmentation et une diversification du type de données partagées. Les internautes ont ainsi davantage partagé - de manière privée - des données concernant leurs centres d’intérêts leur formation ou leur ville de résidence, tout cela en ayant à l’esprit de rencontrer via le site internet des membres aux centres d’intérêts communs. Mais cette nouvelle interface a aussi rendu automatiquement public des informations qui ne l’étaient pas jusque là, informations qui ont pu être recueillies par ce que l’étude appelle les "silent listeners" (auditeurs silencieux) tels que les étrangers, les publicitaires ou encore le réseau social lui-même. Les décisions des utilisateurs, qui essaient véritablement de prendre le contrôle de leurs informations personnelles, sont affectées par l’entité qui contrôle la structure du réseau, qui détient le pouvoir du changement des règles de confidentialité.

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