Dans le premier Cyber-Tea de Mauritanie, les petits-fils de nomades

Par 06 août 1998
Mots-clés : Smart city, Afrique

découvrent l’Internet. Petit-fils de nomade, Mohamed Ould Sedim explique “la Mauritanie entre dans une ère de communication, le pays va pouvoir enfin s’ouvrir sur le monde, nous allons nous sentir ...

découvrent l’Internet.
Petit-fils de nomade, Mohamed Ould Sedim explique “la Mauritanie entre
dans une ère de communication, le pays va pouvoir enfin s’ouvrir sur le
monde, nous allons nous sentir moins éloignés du reste de la planète”.
Le premier cybercafé de Nouakchott, Cyber-Tea, a en effet ouvert ses
portes en mars dernier, en plein centre-ville. Etudiants, intellectuels,
voire co-opérants viennent dans cet endroit cosmopolite et moderne,
aseptisé et climatisé, surfer sur la dizaine d’ordinateurs mis à leur
disposition. Comme l’explique Jernal, chargé de développement chez Top
Technologie, fournisseur d’accès à Internet mauritanien “en deux mois,
nous avons assisté à un engouement terrible des jeunes pour l’Internet. La
force du peuple mauritanien est de savoir s’approprier l’outil moderne
sans se dénaturer. Souvenez-vous qu’il y a trente-cinq ans nous étions
tous des nomades … Notre principale qualité est l’adaptabilité”.
L’Office des postes et des télécommunications (OPT) savait qu’en décidant
d’ouvrir ce cybercafé, il perdrait de son efficacité sur la censure. En
effet, Cyber-Tea est rapidement devenu un espace de liberté pour certains
étudiants engagés qui viennent discrètement consulter sur le Web des
journaux politiquement incorrects, censurés par le gouvernement, mais
qu’il est possible de lire en se connectant sur des sites installés à
l’étranger.
Pour l’instant, personne au sein de l’Etat n’a véritablement pris
conscience des possibilités offertes par Internet.
En fonction d’un cahier des charges extrêmement précis, l’OPT a
sélectionné soigneusement cinq providers, mais seul Top Technologie,
propriétaire d’ailleurs du Cyber Tea, est réellement opérationnel
aujourd’hui.
Les tarifs de connexion sont “le principal frein au développement de
l’Internet”. En effet, se connecter sur le Web coûte trois fois plus cher
qu’une communication normale, soit près de 15 F de l’heure alors que
l’équivalent du Smic approche péniblement les 700 F. L’OPT a imposé ce
tarif pour tenter de limiter l’afflux massif des jeunes sur l’Internet,
sans pour autant pénaliser les entreprises de cet outil de développement.
(Libération 07/08/1998)

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