Premier essai réussi dans l’interconnexion des cerveaux humains

Par 10 septembre 2013
cerveau

Un chercheur américain a fait bouger le doigt de son collègue en lui envoyant des signaux via Internet. L’ère de la connexion cérébrale à distance est-elle entamée ?

Après l’Internet des objets et la connexion interpersonnelle, représentée par les réseaux sociaux, l’ère de la connexion inter-cérébrale est-elle enfin arrivée ? Ce qui ressemble à un récit de science-fiction, à savoir la transmission du savoir d’un cerveau à un autre, s’approche de plus en plus de la réalité. Déjà en juillet dernier, un professeur d’Harvard a réussi à contrôler à distance les mouvements des rats par la pensée humaine. Cette fois, un chercheur de l’Université de Washington a réalisé la première connexion non –invasive entre deux cerveaux humains et ce grâce à la combinaison de la technologie électro-encéphalographique et de la simulation magnétique transcranienne.

Contrôler les actions à distance via les pensées

A l’origine de cet exploit : Rajesh Rao, informaticien et professeur à l’Université de Washington a réussi le 12 août dernier à faire bouger le doigt d’un collègue situé de l’autre côté du campus en envoyant un signal à son cerveau via Internet.  Les deux personnes étaient en fait connectées par Skype sans pouvoir voir les écrans. L’un, Rao, équipé d’un bonnet relié à un électro-encéphalogramme (EEG) lisant les activités électriques du cerveau, jouait à un jeu vidéo avec son esprit. Lorsqu’il voulait tirer un coup de feu sur une cible, il imaginait cliquer sur le bouton avec sa main droite, tout en prenant garde ne pas exécuter l’action. Presque instantanément, son collègue, Stocco, portant également un bonnet relié à un appareil composé de capteurs placé sur son cortex (la région du cerveau qui contrôle les mouvements de la main), a déplacé involontairement sa main droite pour effectuer le tir.

La technologie d’EEG encore à ses balbutiements

Une fois l’expérience terminée, Stocco a comparé la sensation de sa main droite à un tic nerveux. Pour Rao, cette expérimentation s’apparente à la transmission d’un flux d’information de son cerveau à celui de son collègue. La prochaine étape consiste donc à établir une conversation plus équitable entre deux cerveaux. Toutefois, la technologie d’EEG  permet seulement de détecter des signaux cérébraux très simples, et est donc incapable, par exemple, de décrypter les pensées d’une personne. Cette technologie ne donne en conséquence pas la possibilité de commander des actions contre le gré d’une personne. On est donc encore loin de la télépathie.  

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