Les principaux challenges du M2M sont organisationnels

Par 17 juin 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Les communications cellulaires de machine à machine vont couvrir de plus en plus de secteurs verticaux et impliquer bientôt des dizaines de millions de modules. Les entreprises ont besoin d'être guidées.

Le M2M (Machine-to-Machine), qui permet aux machines de communiquer entre elles, représente un marché considérable : il implique potentiellement plus de deux milliards de machines dans le monde dont plus de six cents millions en Europe, d’après une étude de l’Idate. Le M2M sans fil, en particulier, via communications satellites ou surtout cellulaires, est promis à une forte croissance. En 2007, le M2M cellulaire impliquait plus de dix millions de modules actifs en Europe de l’Ouest, soit un marché de 6 milliards d’euros. En 2012, on devrait compter soixante et un millions de modules, pour un marché de près de 40 milliards d’euros. Aujourd’hui, les applications M2M concernent essentiellement la gestion de flotte, la surveillance et le contrôle industriel. Elles gagnent les distributeurs automatiques et compteurs d’électricité, gaz, etc. A terme, l’Idate voit le M2M couvrir la gestion de la chaîne logistique, des bâtiments, des équipements industriels, et de l’énergie, et même l’environnement avec des réseaux de capteurs, ou encore les habitations.
Les entreprises ont besoin d'être guidées
"L’un des grands problèmes du M2M est celui de la fragmentation. Elle est technologique d’une part, mais surtout organisationnelle", indique Vincent Bonneau, analyste à l’Idate. "L’entreprise ne cherche pas spécifiquement une solution M2M, elle veut par exemple améliorer ses performances, réaliser des relevés d’information à distance. Elle ne sait pas comment fonctionne le M2M, ne souhaite pas assembler elle-même les briques qui composent une solution complète, et ne sait à qui s’adresser", explique-t-il. Aujourd’hui, ce sont généralement les filiales mobiles des opérateurs historiques qui poussent les projets de M2M, en se positionnant de manière centrale. "En France, Orange Business Services, par exemple, ne se contente pas de fournir une plate-forme réseau M2M, mais propose aussi des modules pré-certifiés", explique Vincent Bonneau. Une fois que les standards et écosystèmes sectoriels seront en place, le marché se développera à grande échelle selon des segments verticaux.
Après les machines, ce sera le tour des objets
Avec l’Internet des objets, idéalement équipés d’étiquettes RFID, on atteindra une autre dimension. "On arrivera facilement à des dizaines de milliards d’objets, qui auront une valeur ajoutée une fois que le réseau pourra les alimenter en information", indique Vincent Bonneau. Cependant, l’Internet des objets ne fait pas partie des projections de l’Idate pour 2012. "Il n’y aura encore pas grand-chose à cet horizon", anticipe Vincent Bonneau. Rien n’est encore au point. Techniquement, la RFID n’en est pas encore au niveau des objets, mais seulement des palettes, et le taux d’erreurs de lecture de l’ordre de 10 à 15 %, est encore trop élevé. En terme d’organisation, on ne sait par exemple pas encore qui sera le dépositaire des bases de données d’identifiants de cette multitude d’étiquettes RFID. Il faudra aussi pouvoir mettre tout cela en œuvre à des coûts très faibles. "Il n’y a pas encore de modèle économique", conclut Vincent Bonneau.

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