"Nous privilégions la croissance aux services pour investir en Afrique"

Par 07 mars 2008
Mots-clés : Smart city, Afrique

Plus que l'aspect innovant, ce sont la croissance des entreprises africaines qui intéressent le capital-investisseur Emerging Capital Partners. Retour sur un business model en plein essor avec son directeur des opérations, Hurley Doddy.

Même si discrètes, les sociétés d'investissement sont déjà actives en Afrique. Cette présence permet d'accélérer la croissance d'usages innovants et d'aider des entreprises déjà rentables à investir de nouveaux marchés. Rencontre avec Hurley Doddy, directeur des opérations chez Emerging Capital Partners, une société d'investissement américaine. Celle-ci vient d'injecter vingt millions de dollars dans l'opérateur mobile israélien Cellcom pour lui permettre de s'étendre sur le continent africain.
L'Atelier : Quels sont les pays africains où il faut investir ?
Hurley Doddy : L'Afrique est la région qui connaît la plus grande croissance au monde. Les différentes opportunités d'investissements qu'elle contient ont été longtemps négligées. Ce, malgré un contexte économique plutôt favorable. Un contexte symbolisé par une hausse du PIB et la présence d'une basse inflation, et qui s'annonce très intéressant pour les investisseurs privés qui ont des vues locales. Les sociétés africaines promettent un retour sur investissement intéressant. Elles sont également très ouvertes aux apports extérieurs, ce qui a contribué à créer une économie où la demande en capital l'emporte largement sur celui déjà acquis.Les endroits où investir sont dès lors très nombreux, notamment en Afrique subsaharienne, encore trop laissée pour compte. Pour notre part, nous sommes très présents dans des pays comme le Nigeria, la Tanzanie ou la Côte-d'Ivoire.
L'Afrique du Sud ne fait pas partie de vos cibles ?
Effectivement, nous n'investissons que 5 % environ de notre capital en Afrique du Sud. Le pays a une structure économique proche de celle des pays développés. Elle est plus intéressante pour les compagnies privées que pour des sociétés d'investissement comme la nôtre.
Qu'est ce qui vous pousse à investir dans une société plutôt qu'une autre ?
Notre but est d'entrer dans le capital de sociétés déjà établies, qui sont rentables et qui disposent déjà d'équipes performantes en matière de management et de gestion. Nous n'opérons pas d'une manière agressive. D'ailleurs, nous ne proposons pas que de l'argent : nous fournissons également un soutien aux sociétés pour leur permettre d'améliorer leur gouvernance, le contrôle et la transparence de leurs finances.
La croissance plus que les services, donc ?
C'est vrai, nous ne regardons pas forcément les services développés par une société, mais si celle-ci est – ou est en passe d'être – rentable, et si elle utilise son capital d'une manière constructive. Pour repérer les sociétés susceptibles de nous intéresser, nous effectuons une analyse des secteurs attractifs et des sociétés avec un potentiel de croissance et de rentabilité intéressants. Nous étudions également les business plan que des entrepreneurs et des agences gouvernementales peuvent nous soumettre.
C'est pourquoi nous ne sommes pas figés sur certains secteurs en particulier. Les entreprises qui nous intéressent travaillent dans les télécommunications, les services financiers, l'exploitation des ressources naturelles ou industrielles, etc.
Propos recueillis par Mathilde Cristiani

L'Atelier BNP Paribas

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