Le processus de création est le même chez les artistes et les entrepreneurs

Par 12 février 2013 7 commentaires
Créativité

Un groupe de chercheurs s'est intéressé au processus créatif chez le peintre avant de le confronter aux méthodes des entrepreneurs sociaux. Ils sont parvenus à trouver différents points communs dans la manière dont la créativité s'exprime chez eux.

Pour être entrepreneur, il faut une certaine dose de créativité. Ne serait-ce que pour faire émerger une idée puis la concrétiser. Selon une équipe d'ethnologues suisses, que L'Atelier a rencontrée à l'occasion du Lift, cette créativité et les chemins qu'elle prend seraient très semblables à celle que l'on retrouve chez les artistes. C'est ce que montrent les résultats de leur étude. Pour cela, ils ont suivi 5 peintres et 8 entrepreneurs sociaux pendant plusieurs jours. Les chercheurs ont ainsi mis à jour plusieurs motifs identiques dans le processus créatif des peintres et de entrepreneurs qui sont autant d'étapes nécessaires pour parvenir à leur objectif respectifs, qu'il s'agisse d'un contrat ou d'une œuvre d'art. Les différents points du processus sont les suivants : la caisse de résonance, l'endurance, l'espace de travail et le déclencheur.

La créativité, une aptitude qui se travaille

Premier point, ce que les chercheurs nomment caisse de résonance. Il s'agit de l'environnement que se construit le peintre ou l'entrepreneur qui lui permet d'être réceptif aux idées et de les réutiliser. L'endurance traduit, comme son nom l'indique, la capacité d'une personne à travailler sur une longue période et les moyens qu'elle met en place pour y parvenir – l'utilisation d'un livre de notes, par exemple. L'espace de travail correspond aux rituels opérés par ces personnes afin de leur permettre de travailler. Des trauma comme le stress et la peur ont un impact négatif sur la créativité, tant chez les peintres que les entrepreneurs, et la mise au points de cérémonials précis – s'isoler en pleine montagne ou écouter de la musique. Enfin, le moment déclencheur, conditionné par les trois derniers points. « Les gens ratent des opportunités incroyables dans les transports en commun », explique l'un des entrepreneurs suivis au cours de cette étude. Sa facilité de parler lui a permis de signer des contrats rien que par la discussion dans les transports en commun.

Une méthode simple

La méthode d'analyse utilisée, le fait de se placer en tant qu'observateur, leur a permis de « creuser le processus créatif à partir de faits concrets », explique V. Bauwens, l'une des ethnologues. « Cela nous a permis de les confronter à des faits réels. » Les chercheurs ont par ailleurs remarqué que la plupart des entrepreneurs suivis s'avèrent venir d'une famille d'entrepreneurs, où la stratégie et le marketing sont souvent des sujets de discussion, ce qui reviendrait à affirmer que la créativité d'un individu pourrait se forger par l'environnement social dans lequel il a évolué. Plusieurs autres études ont par ailleurs déjà été menées sur la créativité chez les entrepreneurs, à l'instar de celle du Dr Fillis et du professeur Rentschler des universités de Stirling et de Deakin, ou encore celle du professeur Galenson de l'université de Chicago.

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7 Commentaires

A lire

Soumis par Amelie (non vérifié) - le 13 février 2013 à 19h31

Très intéressant, cela vient étayer ce que j'ai toujours pensé, mais peu de personnes l'acceptent...

Soumis par Hilde B. (non vérifié) - le 13 février 2013 à 21h16

La réalité du marché et de l'avenir et des décisions à prendre vont les faire changer d'avis

Soumis par Etienne Stéphane Marvier (non vérifié) - le 13 février 2013 à 22h00

Tout à fait d'accord sur le fait que la créativité est limitée suivant le stress et la peur, le fait de favoriser une mentalité dans le sens du mépris de l'autre ne fait que réduire les capacités d'évolutions. Il suffit de voir l'entreprise Google pour s'appercevoir qu'il faut être à l'écoute de celui qui le demande et de satisfaire à sa demande si ce n'est que pour le rendre plus éfficace et utile à la société. Deux solutions se présentent une méthode de travail conservatrice avec une créativité moindre afin de maitriser l'évolution de cette créativité , ou une méthode de travail dite ouverte laissant place au plaisir de créer dans le but de s'épanouir totalement sachant que l'épanouissement = la liberté. Dans les deux cas je préfère la deuxième solution car elle représente le bien être aussi........

Soumis par Baldisseri Eric (non vérifié) - le 13 février 2013 à 23h14

Desespérant, ce point de vue. L'envie, le travail et la volonté sont souvent les maitres mots des idées. Les idées viennent souvent très naturellement pour les bons observateurs.

Soumis par AMEL (non vérifié) - le 14 février 2013 à 00h18

Bonjour,

Nous vous remercions pour vos diverses réactions.
Pour approfondir le sujet, je vous invite à écouter une interview diffusée dans l'Atelier numérique, sur un sujet similaire. Sylvia Léotin, ancienne ballerine et désormais entrepreneur, et Sofiane Sylve, danseuse étoile au ballet de San Francisco raconte comment l'entrepreneur peut inspirer l'artiste et vice versa : http://www.atelier.net/radio/2012/01/16/10-dossier-de-latelier

Cordialement,

La Rédaction

Soumis par Guillaume Parodi (non vérifié) - le 18 février 2013 à 11h30

Ce n'est pas un hazard si nombre de capitaines d'entreprise sont passionnés par l'art contemporain : un environnement qui change en permanence, des prises de risque nécessaires, parfois face à l'inconnu ; en même temps savoir "sentir les choses", évidemment de la créativité, et un peu de mémoire reptilienne.

Soumis par Jérome GRAPPE (non vérifié) - le 08 mars 2013 à 08h31

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